Cynic - Carbon-Based Anatomy EP

21/12/2011

Par Maxime Lalande

Label: Season of Mist

Site: www.cyniconline.com

Cynic nous a habitué à délivrer sa musique au compte-gouttes. L’attente a toujours été justifiée par le travail fourni sur chaque album. Cette nouvelle sortie ne déroge pas à la règle puisque il s’agit d’un EP d’une vingtaine de minutes qui réussi pourtant à marquer par sa créativité et son atmosphère singulière.

Re-traced prenait déjà un chemin plus allégé que par le passé, loin des débuts death du groupe. La ligne directrice était plutôt instrumentale, les morceaux repris étaient retravaillés avec plus de simplicité. Carbon-Based Anatomy maintient le cap et on peut désormais s’accrocher à l’idée d’une nouvelle orientation plus instrumentale et expérimentale. Certains fans de la première heure regretteront sûrement le growl et les voix robotiques. Cela dit, si Cynic évolue, la qualité de leur musique, elle, reste excellente.

On ouvre le rideau sur des ambiances africaines avec une voix féminine chaude et profonde, ces aspects fileront d’ailleurs tout l’album. L’ambiance générale est éthérée, teintée d’allégresse ce qui est, il faut le rappeler, assez rare dans le genre. La musique est moins abrupte, plus facile d’accès que sur les albums précédents. On rentre vite dans la bulle de Carbon-Based Anatomy et on s’y sent bien, elle s’écoute sans accrocs, rien ne choque et un univers chaud et dense s’impose à nous. Cet EP a vraiment un caractère particulier, difficile à décrire, ça ne ressemble à rien d’autre et c’est particulièrement efficace. On ne perçoit pas le travail comme ce put être le cas dans les albums précédents, il est bien là mais entièrement au service du ressenti.

Le terreau d’influences qui l’a nourri est très vaste : on notera le penchant pour des musiques ethniques traditionnelles (chants et djembé sur « Bija! ») , un aspect un peu pop rock sur certains refrains (« Box up my bones »), et aussi surprenant que cela puisse paraître, celui de « Elves beam out » semble tout droit sorti de … « The wicker man » d’Iron Maiden. Mais la comparaison s’arrête là avec le célèbre groupe de heavy metal.

Toutes les pistes sont filées et se suivent avec une unité remarquable. Ainsi, les changements d’ambiance ne s’opèrent pas entre les morceaux mais à l’intérieur, ce qui peut surprendre. Les atmosphères sont tranchées de manière parfois un peu brutale (« Carbon-based anatomy », « Box up my bones »).

On croisera durant l’écoute trois petits interludes de deux minutes (« Admidst the coals », « Bija! », « Hieroglyph ») qui semblent avoir la même fonction, comme des pauses dans l’intensité globale de l’album. Il s’agit d’une musique assez contemplative, d’ambiance, très agréable, qui nous incite à la rêverie…

Bien qu’il possède un univers qui lui est propre et qu’il constitue une fin en soi, cet apéritif nous met en appétit. On attend avec impatience le prochain festin de plus de quarante minutes…