The Gathering - Souvenirs

12/03/2003

Par Julien Weyer

Label: Psychonaut

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Il y a six ans, The Gathering partait à la découverte d’univers musicaux inconnus avec un How to measure a planet expérimental, suivi en 2000 par If Then Else, beaucoup plus terre à terre. Bien malin qui aurait pu décrire de quoi serait fait leur nouvel album. Certes, le mini-CD Black Light District paru à l’automne dernier (lire la chronique) donnait quelques indications, mais sur trois titres très différents les uns des autres.

Souvenirs confirme, si besoin était, que The Gathering et le metal suivent désormais des routes distinctes. Les inconditionnels de la saturation et des cavalcades effrénées en seront pour leurs frais. Il paraît que les cinq néerlandais sont à l’origine du « trip-rock » : trip pour son aspect quelque peu envoûtant, rock parce que ça balance et ça roule !

Quoi qu’il en soit, ils maîtrisent incontestablement ce style : « équilibre » est leur maître-mot et cet album semble calibré avec soin, de l’agencement des sonorités naturelles et électroniques à l’enchaînement des titres. Ainsi derrière une mise en condition gentiment accrocheuse (« These good people »), suit un développement nettement plus entraînant. Lentement mais sûrement, l’émotion passe et incite tour à tour à la mélancolie, la méditation, l’apaisement. Richesse et diversité des rythmes maintiennent une attention quasi-constante : groove saccadé sur « Even the spirits are afraid », lenteur binaire sur « Jelena » (titre suivi par un silence de quatre minutes, lire l’ interview d’Anneke pour en savoir plus), ce ne sont pas les exemples qui manquent. On pardonnera d’autant plus facilement les couplets-refrain entêtants et presque agaçants de « Monsters ».

Les paroles évoquent généralement idées et sentiments sans rien imposer. Les souvenirs, du coup, restent vagues et, exprimés par métaphores, convergent vers un refus de toute forme d’entrave, expliquant alors le choix du groupe d’avoir fondé sa propre maison de disque. Anneke se fait parfois plus explicite sur « You learn about it » lorsqu’elle décrit une rupture affective, prenant à contre-pied une mélodie douce, presque sucrée. « A life all mine », revendique sa liberté de choix – avec Trickster G., invité sur ce titre, où l’influence de Portishead est évidente sans que l’on puisse parler de plagiat pour autant.

Avec Souvenirs, The Gathering ne surprend pas vraiment mais confirme avec assurance qu’il est là pour durer. Difficile de dire où exactement, mais faisons leur confiance, puisqu’ils semblent à l’aise « between black and light« …