Symphony X - Underworld

13/09/2015

Par Dan Tordjman

Label: Nuclear Blast

Site: http://symphonyx.com

En musique, rester fidèle à ses principes a ses bons et mauvais côtés. Les bons, c’est de se faire plaisir en ne s’imposant aucune restriction artistique. Pas de limites. Le mauvais côté, c’est que le changement n’est pas apprécié par tout le monde. Ce clivage, Symphony X en fait l’expérience depuis quelques albums. Cela n’empêche pas le gang de Michael Romeo de poursuivre cahin-caha son chemin, faisant fi des commentaires des nostalgiques de la période raffinée de The Divine Wings Of Tragedy à V – The New Mythology Suite. Non messieurs dames, depuis trois albums, on essaie de vous le dire : cette période est, jusqu’à preuve du contraire, révolue. Vous avez compris ? Ré-vo-lue !

Cet état de fait accepté, allons droit au but. Si Michael Romeo doit se reconvertir, c’est pour devenir soit forgeron ou orfèvre. Le riff de « Nevermore », à la fois taillé à la serpe et sorti de la forge royale des dieux, semble a priori confirmer un peu plus le décor planté sur Iconoclast : une pluie diluvienne de riffs efficaces et lourds au possible assommant littéralement l’auditeur. L’attrait premier d’Underworld, c’est la diversité qui s’en dégage. On fait toujours dans le fer forgé, mais cette fois-ci, on ajoute un peu plus de finesse et de subtilité, le titre éponyme et « Kiss Of Fire  » en sont une bonne preuve. Un regret, cependant : (une nouvelle fois) la sous-exploitation relative de Michael Pinnella. Souvent auteur d’orchestrations chevaleresques par le passé, il voit ses interventions se réduire à la portion congrue sous la forme de quelques solos… bien sentis, cela dit. Mais quelle surprise de découvrir un morceau plus chaloupé, moins ravageur et plus posé comme « Without You  » !

Cette alternance d’ambiances est également complétée par l’enchaînement d’un titre direct comme « In My Darkest Hour ». « To Hell And Back  », alambiqué façon Symphony X, montre que le groupe a cherché à se diversifier et c’est tout à son honneur. Et si ça ne vous suffit pas, « Run With The Devil  » achèvera de convaincre les plus sceptiques. Que dire de la fin, « Legend  » parfaite pour clore un album généreux, haut en couleurs comme seul Symphony X sait les concevoir ? Les fans déçus par Iconoclast risquent de se réconcilier avec le groupe. L’auteur de ces lignes se place volontiers dans cette catégorie. Unleash The Fire !

PS : Cet album est la preuve que Jason Rullo s’est bien remis de ses problèmes cardiaques. Bon sang, le bougre n’a rien perdu de sa frappe !