Sebkha-Chott - De la persistance de la Mythologie Chottienne en ??? vélos

04/07/2009

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Musea Parallèle

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De la persistance de la Mythologie Chottienne en ??? vélos n’est tout bonnement que la réédition du premier album des foldingues de Sebkha-Chott, De la persistance de la Mythologie Chottienne en 7 cycles, initialement paru en 2003. Il s’agit plus précisément d’un réenregistrement quasi complet, qui maltraite avec une délicatesse sournoise l’œuvre originale, à l’occasion « du quarante-et-unième anniversaire des événements de 1968 (toute région) pour moquer l’historicité usurpée de ces petites révolutions devant l’énormité et la constance du tout cela qui fut, qui a été, qui est, et qui sera et saura (le tout cela étant l’ensemble infini et en perpétuelle extension qui forme le Crou Sebkha-Chott, Ohreland, ses alentours et la Nomenklatura Ohrelandaise) ». Ouf !

Nous voilà renseigné, enfin presque, car après avoir écouté le répondeur d’une péripatéticienne de quartier populaire (les quarante-huit premiers segments), les fous revisitent leur mythologie fondatrice avec un bonheur certain. Bénéficiant à la fois d’une qualité de production supérieure mais aussi, et surtout, de l’influence de leurs parutions subséquentes, c’est à se demander si ce n’est ni plus ni moins le meilleur album du groupe. Il est dit parfois qu’il faudrait construire sa maison deux fois afin qu’elle soit idéale. De la Persistance… donne le même sentiment. Sebkha-Chott y amène tous les éléments qui font sa force, ce melting-pot musical extraordinaire, cette folie pure à la Zappa dans les textes, cette précision rythmique extraordinaire, ces arrangements à la fois hallucinants et subtils, sans moment de faiblesse. Les instants les plus bordéliques (tout le disque ?) glissent dans un magnifique dérapage contrôlé. Même Chopin en serait bouche bée (clin d’œil aux auditeurs attentifs – on ne va pas vous mâcher le boulot tout de même).

Sebkha-Chott semble en définitive plus à son aise dans des formats de composition de huit à dix minutes. Excellent album avec mot pour final un message à l’attention de Wlad et ses joyeux drilles : merci de ne pas avoir titré les quarante-huit premières pistes les gars !