Birdsongs of the Mesozoic - 2001 Live Birds

27/06/2008

Par Jérémy Bernadou

Label: Nearfest Records

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Le NEARfest prend de plus en plus d’ampleur, et c’est face à ce succès amplement mérité qu’a été créé le label NEARfest Records, afin de publier les concerts de certains groupes présents à ce festival. C’est ainsi que la prestation des Birdsongs of the Mesozoic a été captée lors de l’édition de 2001. Cette formation qui a vu le jour en 1980 officie dans une veine post-RIO, pas si éloignée des Québécois de Miriodor. On serait tenté de penser que ce type de groupe n’est pas taillé pour le live, mais force est de constater que les Birdsongs of the Mesozoic font preuve d’un certain talent. Leur musique reste à distance de la démonstration stérile, mais ce n’est pas pour autant qu’elle se révèle facile à retranscrire sur scène : les cassures de rythme sont légion, et la mise en place de l’ensemble reste à la hauteur, bien que des approximations se font parfois entendre.

Les dialogues entre les instruments sont assez riches et travaillés, comme en témoigne « The Insidious Revenge of Ultima Thule » qui débute dans une atmosphère aventureuse, avec l’aide de la flûte de Ken Field. Le piano joue un rôle essentiellement rythmique, mais il apparaît souvent en premier plan, dans l’esprit de ce que peut proposer Present. Cette variété des timbres s’affirme comme une des spécialités du quartette, constituant un atout certain. Sur cet aspect, les Birdsongs of the Mesozoic se rapprochent des Suédois d’Isildurs Bane et leur musique haute en couleurs. Malgré tout, certains choix sont discutables : les synthétiseurs sont souvent dotés de sons vieillots (« Faultline »), et les percussions typées fusion manquent cruellement de dynamisme et de variété. On a souvent l’impression d’être face à des boites à rythme sorties tout droit des années quatre-vingt, ce qui est loin d’être adapté à des formations du genre. De plus, de nombreuses compositions manquent de relief, comme ce « Lost in the B-Zone », étonnement bavard.

Bref, malgré une musicalité travaillée, ces Américains ne se placent visiblement pas à la hauteur des références du genre, et l’exercice live ne permet pas de gommer les petits détails qui font la différence. En attendant, ce 2001 Live Birds peut finalement constituer un bon début pour aborder la discographie bien fournie de la formation.