Solstice - New Life

11/02/2008

Par Jérémy Bernadou

Label: Festival Music

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Le label Festival Music continue la réédition du catalogue de Solstice avec ce New Life, originalement sorti en 1993. Ce groupe auteur de quatre albums a été formé en 1980, et officie dans un style notamment proche du rock néo-progressif typique des années quatre-vingt (Pendragon, Twelfth Night…). Bien que les membres de Solstice n’ont jamais atteint la popularité (relative) de ces derniers, ils ont su développer un monde bien à eux, préférant mettre en lumière des instruments acoustiques plutôt que les sonorités analogiques de claviers à la Clive Nolan (Pendragon). Grâce à cette volonté, les compositions paraissent à la fois plus digestes et moins convenues, car la variété de timbres apporte une certaine chaleur non négligeable à l’ensemble. Les ajouts de guitare acoustique, et la place importante accordée au violon de Marc Elton permettent à la formation anglaise de mettre en valeur les mélodies et de disposer d’un support instrumental solide. Ces deux instruments prennent souvent les devants, et les parties solistes du violon sont souvent du plus bel effet. Les duels de solos entre la guitare et le violon, comme sur la partie centrale de « Guardian », font partie des petits plus qui ajoutent de l’intérêt au groupe.

L’aspect très mélodique des séquences instrumentales forme un rendu pertinent, où la technique injustifiée n’a pas sa place. Le chant est un autre atout majeur de Solstice. Sur les cinq membres que compte le groupe, trois s’occupent des vocaux, dont Heidi Kemp et sa voix très agréable. De plus, la multiplication des pistes vocales permet d’apprécier différemment le chant sur les parties les plus denses, où l’on peut avoir l’impression d’être devant un véritable chœur, tant l’ensemble est limpide et cohérent. Les arrangements ne sont jamais trop pompeux, ce qui donne à l’ensemble un aspect plus naturel, haut en couleurs.

Malgré tout, les défauts inhérents au genre pratiqué ici se font rapidement sentir. Bien que New Life soit sorti dans les années quatre-vingt dix, la musique et la production restent fortement ancrées dans les eighties, et le manque de dynamique de l’ensemble peut ennuyer celui qui n’est pas adepte de ce style de musique. De plus, la section rythmique basse/batterie tourne souvent en rond, et ne varie que très peu ses effets. Bref, ce disque est à déconseiller aux allergiques du néo-progressif, même si Solstice est loin d’être ce qui se fait de plus linéaire dans le genre. Pour les autres, cette réédition sera l’occasion de se replonger dans l’univers d’un groupe méconnu doté de qualités certaines.