Galahad - Empires Never Last

24/06/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Avalon Records

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Eternel second couteau sans personnalité des formations de néo-progressif issues des années 1980, Galahad n’en est pas moins toujours vivant en 2007, alors que de nombreux autres groupes ont baissé le pavillon. Si les premiers albums de Galahad ne dérogeaient guère aux conventions du neo prog, les Anglais tentent depuis le très intéressant Sleepers (1995) d’échapper aux clichés du genre, par la recherche d’un nouveau son qui s’est notamment enrichi de saveurs électroniques.

Fortement émoustillés, les possesseurs du DVD Resonance – Live In Poland (cf. notre chronique) qui contenait déjà la plus grosse partie de ce nouvel album, pourront retrouver en version studio les cinq morceaux de choix que sont « Termination », « I Could Be God », « Sidewinder », « Empires Never Last » et « This Life Could Be My Last ».

Galahad a comme nombre de ses congénères sorti les grosses guitares (l’influence de Karl Groom ?). Tout en se pliant à la tendance générale, les Anglais persistent dans leurs tentatives précédentes, à savoir incorporer des sons électroniques discrets mais récurrents, déjà présents sur Following Ghosts et Year Zero, ce qui les différencie d’Arena, par exemple, dominé par les omnipotents Nolan et Mitchell. C’est qu’il n’y a aucune grosse tête chez Galahad. La mise au placard du groupe au profit du mégalo de service n’est pas le genre de la maison. Chaque instrument est représenté comme il se doit et la production, qui constituait jusqu’ici le point faible du groupe, ne souffre cette fois-ci que peu de critiques. Equilibrée, elle ne se vautre ni dans les excès de grandiloquence du neo prog ni dans la tentante luxure d’un rouleau compresseur de guitares.

Voix féminines quasi-religieuses a capella, puis cacophonie de guitares agrémentées de quelques grognements : Galahad ne propose pas le plus aisé des chemins pour entrer dans Empires Never Last. Les choses rentrent néanmoins « dans l’ordre » dès la seconde moitié de « De-Fi-Ance ». Mais Galahad ne se contente pas d’une intro atypique pour se démarquer. Ainsi, « Sidewinder » et « Empires Never Last » évoquent bien plus le Shadow Gallery de Carved in Stone, démonstration technique en moins, qu’IQ, Pendragon ou Arena.

Plus conventionnels, les autres titres n’en sont pas pour autant de lourdes redites du genre et contiennent suffisamment de variations et de belles mélodies pour satisfaire tout intégriste du prog des eighties, comme l’émouvant « This Life Could Be My Last ». La mention spéciale « titre de neo prog non soporifique » revient au puissant « I Could Be God », qui prend toute sa dimension en concert.

Comme pour nombre de chanteurs ayant choisi ce registre, la voix typée de Stuart Nicholson plaira ou ne plaira pas. Toujours est-il que le bonhomme assure son poste sans la moindre difficulté, ce qui n’est pas franchement étonnant quand on sait qu’il fut fortement pressenti pour remplacer Fish après son départ de Marillion.

Galahad poursuit finalement une logique qui est la sienne depuis une douzaine d’années : proposer, à petites doses, une évolution à chaque album. Si le résultat a souvent été mitigé, Empires Never Last fait enfin pencher la balance du bon côté et sera sans nul doute une heureuse découverte pour les amateurs de neo ayant jusque là délaissé le groupe.