IQ - The Archive Collection Vol.1

12/03/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Giant Electric Pea

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Avec The Archive Collection Vol.1 : IQ20, les vétérans britanniques du néo-prog inaugurent une série de bootlegs officiels. Encore que « série » soit un terme excessif, puisqu’à l’heure de la publication de cette chronique, ce concert enregistré en 2002 à Aschaffenburg en Allemagne lors de la tournée anniversaire des 20 ans du groupe n’a pas encore connu de successeur.

Un petit coup d’Harry Potter en introduction et c’est parti pour deux heures d’un concert qui balaie la (presque) totalité de la carrière d’IQ. Le son est en prise directe et bien qu’« Awake and Nervous » laisse présager une qualité d’ensemble honorable, la suite n’est pas toujours du même acabit. La basse se fait parfois envahissante, tout comme les toms de la batterie et certains sons de clavier. Dans l’ensemble, la gêne n’est pas excessive, mais à cause de ces désagréments récurrents, écouter ce concert d’une traite constitue une réelle performance !

On ne peut raisonnablement discuter la qualité de l’interprétation : il s’agit d’un concert brut, avec ses imperfections, mais les vieux routards expérimentés d’IQ s’en sortent remarquablement bien. Néanmoins, ce genre d’exercice expose particulièrement le chanteur, et à partir de « The Seventh House », la voix qui faisait le bonheur de nos oreilles sur album déclenche quelques crispations car Peter Nichols est souvent très « juste » sur la fin du concert, ce qui est au demeurant fort compréhensible.

Le véritable intérêt de cet objet consiste en une setlist, assez inhabituelle. The Seventh House est bien évidemment mis à l’honneur… un peu trop d’ailleurs (pas moins de quatre titres sur les six que compte l’album !), mais on retrouve surtout quelques-uns des grands classiques originels d’IQ. Ainsi, le début du show nous ramène aux premières heures du groupe avec « Awake and Nervous » et un medley « The Thousand Days/The Magic Roundabout ». L’autre point fort de ce concert, c’est évidemment l’interprétation dans son intégralité de « The Last Human Gateway », pièce de vingt minutes issue du premier album Tales From The Lush Attic. Le très mélodique et entraînant « Just Changing Hands », un peu à part dans la discographie d’IQ (présent sur l’album de raretés The Lost Attic, ce titre traite des… violences conjugales !) vient compléter cette liste de titres originale. Fort malheureusement, les nostalgiques de la période Menel (dont votre humble serviteur fait partie) en seront pour leurs frais. Point de « Human Nature », de « Nomzamo » et encore moins de « Falling Apart at the Seams ». Une faute difficilement pardonnable si l’on considère qu’il s’agit d’un anniversaire.

Cette initiative ravira sans le moindre doute le fan acharné, qui seul verra un intérêt à acquérir ce double album live… ce qui tombe bien, puisque le tirage est limité à 2000 exemplaires. Pour les autres, ceux qui souhaitent découvrir IQ en concert, on recommandera le déjà daté mais néanmoins indispensable Forever Live (sur lequel la période Paul Menel est la mieux représentée) ou le très récent DVD Stage, d’excellente facture lui aussi.