IQ - The Seventh House

11/11/2006

Par Djul

Label: Giant Electric Pea

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Après avoir sorti en 2000 la version concert de Subterranea, IQ enchaîne dès l’année suivante avec un nouvel album studio, The Seventh House. On y retrouve tous les éléments qui ont bâti la personnalité du groupe : riffs saccadés, grandes envolées, voix (de Peter Nicholls) proche de celle de Peter Gabriel, basse tout en rondeur, claviers mi-planants, mi-« néo-progressifs ». On le verra un peu plus loin, cette formule largement éprouvée par IQ demande à être un peu renouvelée. En tout cas, ces 57 minutes recèlent leur lot de passages épiques, de lyrisme et évidemment… de concept, grande spécialité anglaise !

Introduction emphatique, départ en fanfare à la Genesis, « The Wrong Side Of Weird » ouvre le bal. On remarque immédiatement que Nicholls n’a pas perdu son art de trouver des refrains qui ne vous lâchent plus (ce qui se confirme tout au long du disque, sur « The Seventh House« » et « Shooting Angels » entre autres). Les descentes de claviers angéliques et les riffs de Michael Holmes font le reste, servis par une section rythmique toujours aussi dynamique et au point. On remarque néanmoins que la récente propension du guitariste à jouer un peu plus saturé et agressif est maintenue, pour notre plus grand plaisir. Suit « Erosion », plus court et basé sur le contraste entre un break très éthéré et un refrain bien péchu (encore un admirable travail du bassiste John Jowitt). On débouche ensuite sur le morceau-titre, un pavé de 15 minutes, sorte de bréviaire du groupe car il regroupe à peu près toutes les recettes employées depuis une décennie par IQ. Seule réelle surprise depuis que le disque se dévoile pépère, un beat bien industriel nous fait dresser l’oreille au début de « Shooting Angels », suivi d’un riff saccadé, appuyé par le piano de Orford : c’est excellent ! On se dit à ce moment qu’on aimerait bien sursauter ainsi plus souvent. Mais « Guiding Light » et ses 10 minutes nous replongent dans une ambiance confortable.

Que tire-t-on de The Seventh House ? Que IQ a un talent évident pour créer des ambiances contrastées, mais qu’ils ont oublié de faire évoluer leur néo-progressif. Pourtant, quand le groupe se décide à la faire, par exemple sur les deux derniers morceaux, cela fonctionne parfaitement, comme cela a fonctionné pour Arena, qui s’est décidé depuis quelques albums à alourdir ses compositions et à les moderniser. Mais ne faisons pas la fine bouche, The Seventh House reste un très bon disque, plein d’émotions, de bonnes idées et qui vous occupera un bon moment. Trop raisonnable, c’est tout.