Van der Graaf Generator - Godbluff

23/01/2005

Par Djul

Label: Virgin Records

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Voilà peut être le chef-d’oeuvre du Graaf, avec son frère jumeau, Still Life, qui sortira un an plus tard. Revenons en 1972 : à la sortie de Pawnhearts, le groupe tourne intensément (triple tournée en Italie !), voire même trop, et ses membres ne se parlent pratiquement plus entre les concerts. Sans aide de la part de sa maison de disques et sans réelle motivation financière, VDGG se saborde en août de la même année. Suit une période qui verra naître trois classiques de la carrière solo de Hammill : Chameleon in the Shadow of Night, In Camera, et Nadir’s Big Chance en 1975. C’est pourtant en 1974 que le principe d’une reformation est décidé et après une mini-tournée française, le groupe enregistre Godbluff.

VDGG s’éloigne volontairement du style de composition à la Pawnhearts qui l’avait rendu célèbre, même si la concision n’est pas encore son fort. Pourtant, on sent clairement les efforts faits pour parvenir à une musique plus directe, plus rythmée et plus puissante. Ainsi, chaque titre de l’album s’ingère plus facilement, avec des refrains très efficaces, et aucune rupture susceptible de rompre l’intensité de la musique.

Chaque titre de Godbluff devient un classique, à commencer par le furieux « Arrow », un véritable brûlot : sur le sax plaintif de Jackson et les accords de Banton, le groupe développe un titre reposant sur une alternance de calmes tendus et de charges furieuses. Le thème, fédérateur, est à la fois joué par les instruments et chanté par Hammill, qui se déchire littéralement sur le refrain, invectivant à tout va. Hors Red, on est loin du progressif pratiqué à l’époque et l’on retrouvera même, sur le reste de l’album, des échos punk, jazzy voire bossa, et quelques rappels de loin en loin du VDGG première époque.

Godbluff demeure une formidable réussite, tant par l’affranchissement d’un style un peu ampoulé que par son inscription dans un contexte plus large que celui du «progressif des seventies». Il constitue une très bonne introduction au groupe, et un incontournable pour ceux qui ont déjà perçu le génie du Graaf.