Van der Graaf Generator - He to H Who Am the Only One

24/08/2004

Par Djul

Label: Virgin Records

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Troisième album du groupe, He to H est également celui qui marque le départ, au beau milieu des sessions d’enregistrement, du bassiste Nic Potter, remplacé temporairement par Hugh Banton, le claviériste. Ce disque constitue surtout une étape importante dans la carrière du groupe, le début d’une reconnaissance plus importante, même si elle n’atteindra jamais celles des compères anglais de l’époque, Genesis ou King Crimson.

Fort d’une réelle expérience en studio et sur la scène britannique, le groupe offre ici de futurs classiques de son répertoire et affine son style unique. Peter Hammill sort de sa réserve et de son chant très aigu pour s’affirmer dans un registre plus violent et théâtral. Le reste du groupe trouve également sa voie, et compose la moitié des titres de l’album. Les morceaux les plus éthérés de « l’ancien » VDDG (comme « Refugees » ou « Darkness (11/11) ») cèdent le pas à des compositions plus aventureuses et moins « hippies ».

Le disque est donc scindé en deux. Certains titres rappellent le VDDG romantique et paisible que l’on connaissait, avec ses nombreux arrangements de flûtes et d’orgue, notamment le splendide « House with no door » où le talent de Hammill fait du reste du groupe un simple « backing band » tant la voix et le piano du chanteur sont envahissants. A l’inverse, d’autres morceaux, surtout « Killer » et « Lost », deviendront leurs premiers classiques, s’émancipant de cette musique un peu surannée. « Killer » surprend dans le contexte de la fin de l’année 1970 où tout n’est que « Flower Power », puisque Hammill y prend un ton menaçant, parfois possédé et impressionne en personnifiant un assassin. Les saxophones de David Jackson sont particulièrement mis en avant, et utilisés en rythmique, le groupe ayant toujours eu une particularité étonnante : celle de ne pas avoir de guitariste à temps plein et de s’en passer très bien ! Basse et batterie sont également plus largement mises à contribution dans cette nouvelle orientation, comme « Lost » l’illustre pendant onze minutes équilibrées. Sur le titre en trois parties « Pionneers over C », qui n’est pas le plus réussi, Robert Fripp vient placer quelques accords.

H to He est donc un album de transition. Ce n’est certainement pas le chef d’œuvre de VDGG, mais il reste en tout état de cause un album singulier dans le contexte de l’époque, prémisse d’un fantastique triptyque.