Frank Zappa - Joe's Garage

05/07/2004

Par Dan Tordjman

Label: Rykodisc

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Encore un concept album, et quel concept ! Il était une fois, dans un monde où la musique est hors-la-loi, un jeune Joe qui s’essayait à la musique dans son garage. Mais le garçon est un tel désespoir dans le domaine que ses parents sont acculés à la déprime et ses voisins forcés d’appeler les flics ! Joe doit alors prendre la fuite et se lance dans un voyage au cours duquel il rencontrera Mary, la groupie catho-nymphomane. Tout un programme !

Sur ce double album, la tendance est plutôt au mélange de rock et de rythm and blues, saupoudré d’incursions vers le disco avec le génial “Stick It Out“, aux paroles en allemand puis en anglais (âmes sensibles s’abstenir), ou le funky “Keep It Greasey“. Le reggae est également à l’honneur avec les excellents “Lucille Has Messed My Mind Up » et « Sy Borg“ dont A.C.T. s’est inspiré pour “Wake Up“ sur Last Epic. La majorité des titres est d’ailleurs taillée dans un format single.

Le casting est comme de coutume de haute volée : Vinnie Colaiuta (Sting) à la batterie, Warren Cucurullo (Duran Duran) et Ike Willis à la guitare, Arthur Barrow a la basse et Tommy Mars aux claviers : l’ambiance est à la fête. A la lecture des textes des chansons qui composent Joe’s Garage, on retrouve… Zappa et l’hilarité : difficile de garder son sérieux sur “Why Does It Hurt When I Pee ?“, “Stick It Out“ ou “Keep It Greasey“ !
Hors-concept, le dernier titre, “Little Green Rosetta“, se trouve être une parodie, qui clôt l’album sur ces phrases : “They’re pretty good musicians, but it don’t make no difference, if they’re good musicians, because anybody who would buy this record, doesn’t give a fuck if there’s good musicians on it, because this is a stupid song, AND THAT’S THE WAY I LIKE IT“ (« Ce sont de bons musiciens. Mais ça ne change rien qu’ils le soient, puisque n’importe qui achetant ce disque n’en a rien à carrer qu’il y ait de bons musiciens dessus, puisque c’est une chanson débile ET C’EST COMME CA QUE JE L’AIME »). Merci Frank.

D’une manière générale, Zappa se montre avec Joe’s Garage de plus en plus virulent et engagé envers les autorités américaines, dont il montre du doigt la responsabilité dans l’uniformisation de la société yankee.