Van der Graaf Generator - Still Life

05/07/2004

Par Pierre Graffin

Label: Charisma

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Suite à l’exigeant Godbluff, qui fut l’album de la reformation après les sorties en solo de Peter Hammill, Still Life marque en 1976 le retour d’un VDGG flamboyant. Pour cette « deuxième période », on retrouve ici les thématiques chères à Hammill, à la fois très introspectives et philosophiques : les conséquences de l’immortalité sur le morceau-titre, ou le destin de l’humanité sur « Childlike Faith In Childhood’s End »…Tiens, « Childhood’s End », ça ne vous rappelle rien ?! Le thème du désir, ébauché dans « La Rossa », sera quant à lui conclu dans l’album solo de Peter Hammill, Over.

Musicalement, ce disque est un grand moment, la musique oscillant sans cesse entre fièvre et fausse accalmie tout en étant en permanence habitée d’une tension presque palpable. La palme revient sans doute à « My Room (Waiting For Wonderland) » pour la beauté et la délicatesse de son ouverture saxophonique.

En dépit d’une faible et injuste reconnaissance populaire, l’influence de VDGG va pourtant bien au-delà de la simple reconnaissance de leurs pairs d’alors (et futurs d’ailleurs : on a souvent comparé le premier Marillion à Genesis mais c’est plutôt de VDGG qu’il faudrait le rapprocher !). Même les fossoyeurs du progressif que furent les Sex Pistols, Julian Cope, The Ex ou même Bowie, pour ne citer qu’eux, reconnurent en Peter Hammill et sa bande, toute l’ampleur de leur véritable envergure artistique. Pourtant, la formation reste difficile d’accès, y compris pour l’auditeur de progressif chevronné : plus « adulte » que Genesis, plus « obscur » que King Crimson, VDGG ne se révèle véritablement qu’après plusieurs longues écoutes attentives, mais quelle satisfaction lorsque l’on rentre enfin dans leur discographie ! Still Life, à ce propos et malgré sa production peu attirante, pourra être l’album de l’initiation pour le néophyte.