Magellan - Hundred Year Flood

11/10/2002

Par Julien Negro

Label: Magna Carta

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Cinq ans après « Test of wills », MAGELLAN nous revient enfin avec un concept album. Il faut dire, à sa décharge, que Trent Gardner, tête pensante du groupe, est également le géniteur de nombreux autres projets (Explorer’s Club, Leonardo, etc…) et a toujours fait preuve d’une fâcheuse tendance à se disperser un peu trop (NdRC : Dan, celle-là est pour toi ;-p ). Heureusement, la qualité est une fois encore au rendez-vous et le bonhomme, toujours épaulé par son frère Wayne, a fait cette fois-ci appel à quelques invités de marque : Ian Anderson (Jethro Tull), Tony Levin (King Crimson, Liquid Tension Experiment, Peter Gabriel), George Bellas (Ring Of Fire) ou encore Robert Berry.

« Hundred Year Flood » est donc un concept album, que monsieur Gardner a écrit sur la mort de son frère aîné au Vietnam en 1966. Le premier titre, « The great goodnight », long de presque 35 minutes, entame les hostilités dans un style identifiable dès les premières notes. Comme pour le récent Explorer’s Club II, Gardner a décidé de couper ce titre en plusieurs chapitres. Après son intro aux chœurs typiques de Magellan, ce « Great goodnight » se développe dans un style un peu plus métallique. George Bellas y est impressionnant et évite de tomber dans le néoclassique pompeux qui reste tout de même son style de prédilection. De manière générale, ce premier morceau reste dans la droite ligne de ce que le groupe avait enregistré sur ses trois précédents albums. On y retrouve même le fameux trombone que Trent n’hésite pas à intégrer sur la plupart de ses enregistrements. Les trente minutes passent donc relativement vite, et débouchent sur « Family jewels », un court instrumental beaucoup plus emphatique, où l’on retrouve en vrac la flute de Ian Anderson, des passages d’orgues rappelant ELP et des parties de cordes omniprésentes. Ces cinq minutes sont plus anecdotiques que le reste de l’album, car l’intérêt revient au galop sur « Brother’s keeper », beaucoup plus violent et introduit par un duo guitare/violon du plus bel effet. Le groove de Levin y fait des merveille et insuffle à toute la pièce une grande énergie. Beaucoup moins axées sur les claviers que le reste du disque, ce dernier titre nous présente une autre facette de Magellan, pleine de charmes.

C’est donc une bien belle réussite pour les frères Gardner, qui nous avaient habitué à de magnifiques réalisations. Il nous reste maintenant à espérer que la prochaine ne soit pas programmée pour fin 2020 !