Yes - Keystudio

01/10/2002

Par Pierre Graffin

Label: Eagle Records

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Sorti en 2001, cet album hybride est en fait une compilation de titres studios qui figuraient sur les deux volumes de < i>Keys To Ascension. L’effort était louable et la reformation originale (Anderson, Howe, Squire, Wakeman, White) l’occasion inespérée pour les fans de retrouver le « grand Yes » dans ses œuvres plus de vingt ans après Tormato. Cependant, le communiqué officiel que fit Rick Wakeman à l’occasion de la sortie de ce vrai-faux album sur le site officiel du groupe n’était guère encourageant : le maître « ès claviers » jugeait en effet ce Keystudio inopportun et fustigeait la production de Billy Sherwood. Il vrai que Wakeman, suite à de nouveaux imbroglios juridiques quittera une fois encore cette éphémère reformation, et que la production de ce disque est assez plate. Mais Sherwood doit il porter seul la responsabilité du relatif échec artistique de ce disque ? Loin de là…

Keystudio n’apporte rien de neuf, bien au contraire, et les premières notes de « Footprints » suffisent pour comprendre que Yes s’auto-parodie et s’englue dans un manque d’inspiration assez flagrant. Les pièces, très longues, notamment « Mind Drive », tentent vainement de recréer la magie de Close To The Edge ou de Relayer sans même s’en approcher. Le groupe use jusqu’à la trame des mélodies plutôt indigentes et patine sur des suites d’improvisations vaines et fatigantes, soli de guitares sur nappes de claviers à outrance, qui rappellent certaines expérimentations exigeantes passées comme Tales From Topographic Oceans, sans le talent.
La voie aérienne de Jon Anderson survole cet effort médiocre et rappelle parfois ABWH (« Children Of The Light ») mais rien n’y fait : on s’ennuie ferme d’un bout à l’autre. Seul « That, That Is » réussit à recréer un peu de magie dans sa première partie avant d’accoucher d’une mélodie presque insupportable et d’un final convenu et inutile.
Même s’il reste globalement le seul titre supportable de l’album il ne réussit pas pour autant à le sauver de l’abîme. Keystudio est aussi pénible à écouter que sa pochette à regarder !