King Crimson - Heavy ConstruKction

01/10/2002

Par Djul

Label: Discipline Global Mobile

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Et une nouvelle sortie pour le Roi Pourpre ! Fripp & co. jettent en pâture à leurs fans rien de moins qu’un triple live ! Ce qui a le mérite de satisfaire les inconditionnels et, dans une moindre mesure, de tenter les curieux qui souhaiteraient découvrir ce groupe si énigmatique.

Les deux premiers disques proposent l’intégralité des titres joués lors de la tournée européenne, dont Paris (pour les amateurs, le numéro 13 de l’édition papier de Progressia en contient un compte-rendu détaillé). C’est d’ailleurs la prestation à l’Olympia qui est immortalisée avec les morceaux tirés de The ConstruKction Of Light : « ProzaKc Blues », « Larks Tongue In Aspic Part Four », « Sapir » et « The Deception Of The Thrush ». Les autres morceaux sont tous tirés de la période Double Trio : « One Time », « Cage ». Tout se conclut comme à Paris sur le « Heroes » de Bowie et Eno, moitié rock, moitié new wave : cent pour cent années quatre-vingt !
Un très bon point pour le second disque : il ne contient pas moins que des extraits live du groupe en vidéo ! Le troisième est quant à lui, un recueil d’improvisations compilées par le guitariste Robert Fripp. Voilà qui pourrait effrayer ceux qui s’étaient procurés Thrakattak, paru en 1996, et qui proposait des improvisations live dont l’écoute en devenait écœurante après une dizaine de tentatives.
Ici, l’écueil est évité avec brio, et on est au contraire surpris par la grande qualité du matériel proposé. Le résultat est là : un « Sapir » bien électronique et speedé, un « Blastic Rhino » épais comme le mammifère du même nom, une reprise du « cccSeizurecc » du trio Levin/Stevens/Bozzio extrêmement dense, des instants d’émotions avec les lancinants « Off And Back » (enregistré à… Offenbach ! Quel plaisantin ce Fripp !), « 7 Teas » et le magnifique solo de basse de Trey Gunn à la fin de « Deception Of The Thrush » sans oublier, à la fois, le duo de guitares sur le splendide « Beautiful Rainbows » et cette reprise du « Tomorrow Never Knows » des Beatles, méconnaissable. Et comme on s’appelle Krimson, on se permet aussi – surtout – des « More And Less » ou des « Uböö » furieux.

Notons cependant une certaine déception par rapport aux vingt ans de carrière du groupe passés à la trappe, au profit d’une période présentée certes plus en profondeur, mai plus restreinte… Dans tous les cas, ces soixante-dix minutes nécessitent une grande patience pour l’auditeur néophyte, qui devra de toute façon avoir le cœur bien accroché ! Bref, voici un concert pas forcément extrêmement accessible de prime abord, mais au son propre et qui apportera quelques satisfactions aux connaisseurs !