Tengger Cavalry - Die on my ride

20/08/2017

Par Florent Canepa

Label: M Theory Audio

Site: http://tengger-cavalry.com/

Attention, la cavalerie mongole annonce une nouvelle charge. Serons-nous assez hardis pour mordre la poussière ? L’histoire du groupe new yorkais aux multiples origines trouve son essence dans un mélange de genres assez piquant où les steppes d’Asie centrale promettent d’envahir votre salon. Métallique, ethnique, définitivement intriguant, le groupe saura-t-il encore convaincre après cinq albums qui reposent tout de même beaucoup sur un concept ?

Le mérite incisif de l’ensemble est d’offrir à son auditeur un propos assez ramassé : ici, point de langueurs progressives et d’étalage instrumental au kilo. Les titres tournent autour de trois minutes, souvent moins. L’utilisation toujours intéressante et non anodine du morin khuur, instrument traditionnel, apporte le lot de consolation de compositions qui peuvent apparaître rugueuses et parfois mal dégrossies. Une forme de nouveauté (notamment face au précédent effort) est l’aspect plus calme, presque initiatique de l’ensemble. Même si les riffs sont là, la fougue guerrière laisse parfois la place à du chamanisme badin (« Independance day »). On retrouve un chant de gorge proche de Laibach puis, le temps des refrains, quelque chose de plus mélodique. Des accentuations de batterie font écho à la production de Roots de Sepultura, sans pour autant atteindre le même niveau de puissance des Brésiliens.

Certains morceaux freinent la monotonie ambiante comme « To the sky », plus folk, qui nous emmène en chevauchée légère vers un univers western. Le vocoder d’« Ashley », ballade cocasse, surprend. On recommande néanmoins l’album aux curieux vraiment tolérants mais on décourage la plupart car la curiosité piquée par la vision d’une troupe étonnamment bigarrée et d’une idée atypique n’est que bien partiellement satisfaite. Le fracas métal y est souvent asthmatique (« The Frontline »). Le grand Gengis peut rester en sommeil, rien de bien nouveau sur les plaines.