Riverside - Love, Fear And The Time Machine

28/09/2015

Par Dan Tordjman

Label: InsideOut Music

Site: http://www.riversideband.pl

Bon, on va être franc d’entrée. Chroniquer ce nouvel album de Riverside fut tout sauf chose aisée. Brouiller les pistes, les Polonais savent (et aiment) le faire. Ils prennent un malin plaisir depuis Anno Domini High Definition à désarçonner l’auditeur qui s’attend du Riverside plus… typique. Et si « Lost (Why Should I Be Frightened By A Hat ?) » rappelle le souvenir plus conventionnel de la bande de Mariusz Duda, le morceau au titre hispster « #Addicted  » fait transparaître une certaine légèreté, ou insouciance, au choix. Et il y a fort à parier que ces titres sont amenés à devenir des classiques en concert.

Cette légèreté contraste avec la densité flagrante que l’on pouvait percevoir sur Second Life Syndrome ou Rapide Eye Movement. On pourrait également pointer du doigt le manque de folie propre à Riverside. Ce grain de folie qui faisait office d’atout séduction sur les premiers albums du groupe a été remisé au placard, notamment les morceaux à tiroir, au détriment d’un propos plus concis et direct, bien que « Found  » et ses couleurs jazz, heavy et acoustique soit sévèrement barré. Les influences sont également bien plus marquées que par le passé. On pense surtout à un génial Anglais qui cultivait un arbre particulier avant de le déraciner, on se rappelle aussi au bon souvenir d’Anathema. On fera également allusion à Lunatic Soul dont l’empreinte est semble-t-il plus présente. La perception évidente de ces influences sur cet album peut le rendre amer aux oreilles de certains.

Que l’on apprécie ou pas cet album, il existe en tous cas un son et une marque de fabrique « Riverside  ». La production reste dans la lignée des débuts discographiques de la formation et colle parfaitement aux titres. Ce n’est pas pour autant que cela fera de cette rondelle l’égal de ses prédécesseurs cités quelques lignes plus haut. Et même si à n’en pas douter, il trouvera grâce auprès de beaucoup, l’auteur de ces lignes, avec toute la sympathie qu’il a pour Riverside, n’a pas sauté au plafond. Si le groupe a tenté ici une incursion vers la lumière, il reste le meilleur quand il est du coté obscur.