Soft Machine - Switzerland 1974

26/04/2015

Par Florent Simon

Label: Cuneiform Records

Site: http://www.cuneiformrecords.com/bandshtml/Softmachine.html

On pensait connaître la chanson. Encore un nouveau live de Soft Machine chez Cuneiform Records… Mais même s’il est vrai que les sorties de qualité discutable se succèdent en nombre sur le célèbre label américain, il s’agit là d’un concert d’anthologie témoignant de cette formation unique de 1974 qui inclua le formidable guitariste Allan Holdsworth. Ajoutons à cela une captation audio et vidéo d’une très bonne qualité au coeur du Montreux Jazz Festival, ainsi qu’un répertoire majoritairement tiré du récent Bundles, et cet album devient définitivement très intéressant!.

1974: Après une vie fort tourmentée, la machine molle se pose bien loin des extravagances psychédéliques de Daevid Allen ou Robert Wyatt, proposant une musique se faisant toujours plus instrumentale et allant jusqu’à lorgner vers un jazz-rock pointilleux mais accessible. Cette énième formation du groupe (qui en a connu autant que d’albums) comprenait à l’époque le survivant Mike Ratledge et les talentueux Karl Jenkins, Roy Babbington et John Marshall. Mais c’est le guitariste surdoué Allan Holdsworth qui retient surtout l’attention, avec son jeu ultra-rapide et mélodieux, et qui apporte un équilibre au sein du quintette grâce à ses contributions fleuves qui insufflent un air frais, puissant et léger.

Le concert s’ouvre sur la longue pièce « Hazard Profile » qui constitue le morceau introductif de choix par excellence avec son riff efficace. Le ton est donné, et il s’agit bien là de jazz-rock au premier degré de l’appellation. Puis les morceaux s’enchainent facilement, ponctués par des improvisations à l’intérêt variable, formant une oeuvre compacte et homogène. Bien que le répertoire reprenne dans l’ordre la quasi-intégralité du dernier opus, on se laisse pourtant entrainer sans résistance, et les moments forts que sont « Bundles » et « Peff » nous font oublier les quelques longueurs des chorus. Enfin, achevant de nous séduire, le rappel propose quelques morceaux tirés de Sixth et Seven.

Côté musiciens, Karl Jenkins est sans surprise très présent avec son hautbois. Roy Babbington se distingue par un solo aux couleurs changeantes, passant de la douceur jazz en son clair à l’énergie rock en son saturé, saluant ainsi l’héritage laissé par son illustre prédecesseur Hugh Hopper. John Marshall et sa frappe puissante propose un jeu simple se distinguant par des percussions exotiques. Enfin Mike Ratledge reste trop discret et ne laisse planer aucun doute quant à son départ imminent. Car malgré leurs qualités instrumentales indéniables, on sent poindre les limites du quintette malgré l’apport du nouveau guitariste, limites approchées depuis les quatre derniers albums.

C’est donc sans surprise qu’après les deux dernières formations qui verront le jour par la suite, Soft Machine rendra l’âme en 1981 après l’insipide Land of Cockayne. La restauration du son et de l’image permet ainsi à ce concert mythique de demeurer le plus beau témoignage d’un groupe étalon du jazz-rock à l’anglaise, composé de musiciens en phase avec leur art. Conclusion : ce document demeure indispensable à tout fan même occasionnel.

Distribué par Orkhêstra.

On pensait connaître la chanson. Encore un nouveau live de Soft Machine chez Cuneiform Records… Mais même s’il est vrai que les sorties de qualité discutable se succèdent en nombre sur le célèbre label américain, il s’agit là d’un concert d’anthologie témoignant de cette formation unique de 1974 qui inclua le formidable guitariste Allan Holdsworth. Ajoutons à cela une captation audio et vidéo d’une très bonne qualité au coeur du Montreux Jazz Festival, ainsi qu’un répertoire majoritairement tiré du récent Bundles, et cet album devient définitivement très intéressant!.

1974: Après une vie fort tourmentée, la machine molle se pose bien loin des extravagances psychédéliques de Daevid Allen ou Robert Wyatt, proposant une musique se faisant toujours plus instrumentale et allant jusqu’à lorgner vers un jazz-rock pointilleux mais accessible. Cette énième formation du groupe (qui en a connu autant que d’albums) comprenait à l’époque le survivant Mike Ratledge et les talentueux Karl Jenkins, Roy Babbington et John Marshall. Mais c’est le guitariste surdoué Allan Holdsworth qui retient surtout l’attention, avec son jeu ultra-rapide et mélodieux, et qui apporte un équilibre au sein du quintette grâce à ses contributions fleuves qui insufflent un air frais, puissant et léger.

Le concert s’ouvre sur la longue pièce « Hazard Profile » qui constitue le morceau introductif de choix par excellence avec son riff efficace. Le ton est donné, et il s’agit bien là de jazz-rock au premier degré de l’appellation. Puis les morceaux s’enchainent facilement, ponctués par des improvisations à l’intérêt variable, formant une oeuvre compacte et homogène. Bien que le répertoire reprenne dans l’ordre la quasi-intégralité du dernier opus, on se laisse pourtant entrainer sans résistance, et les moments forts que sont « Bundles » et « Peff » nous font oublier les quelques longueurs des chorus. Enfin, achevant de nous séduire, le rappel propose quelques morceaux tirés de Sixth et Seven.

Côté musiciens, Karl Jenkins est sans surprise très présent avec son hautbois. Roy Babbington se distingue par un solo aux couleurs changeantes, passant de la douceur jazz en son clair à l’énergie rock en son saturé, saluant ainsi l’héritage laissé par son illustre prédecesseur Hugh Hopper. John Marshall et sa frappe puissante propose un jeu simple se distinguant par des percussions exotiques. Enfin Mike Ratledge reste trop discret et ne laisse planer aucun doute quant à son départ imminent. Car malgré leurs qualités instrumentales indéniables, on sent poindre les limites du quintette malgré l’apport du nouveau guitariste, limites approchées depuis les quatre derniers albums.

C’est donc sans surprise qu’après les deux dernières formations qui verront le jour par la suite, Soft Machine rendra l’âme en 1981 après l’insipide Land of Cockayne. La restauration du son et de l’image permet ainsi à ce concert mythique de demeurer le plus beau témoignage d’un groupe étalon du jazz-rock à l’anglaise, composé de musiciens en phase avec leur art. Conclusion : ce document demeure indispensable à tout fan même occasionnel.

Distribué par Orkhêstra.