Opeth - Pale Communion

24/08/2014

Par Ancestor

Label: Roadrunner Records

Site: www.opeth.com

Dans le macrocosme du Metal extrême, Opeth est un monstre sacré. Dès ses débuts, chaque album enfonçant davantage le clou, le groupe montre une ouverture de pensée notable, une liberté d’écriture inhabituelle. Une discographie irréprochable, avec un Blackwater Park reconnu par la plèbe comme leur chef d’œuvre, ainsi qu’une inspiration intarissable, en font l’emblème suprême du Death Prog. Cependant, Mike Akerfeldt, le père fondateur, déclare un jour être tenté d’emprunter une autre route, calme le jeu, abandonne les growls, et foule les terres du Prog et du Psychédélisme des années soixante et soixante-dix. Ainsi naît l’indéfinissable Heritage. Pale Communion en est le successeur.

Une seule écoute est réclamée pour dresser un constat fondamental : même si quelques atmosphères étranges demeurent, la substance a un aspect moins expérimental, le pouvoir réside ici dans la mélodie. Autre flagrance frappante : l’orgue a la part belle, toute reverb dehors, en arpèges opulents et grondements véhéments (une touche très Deep Purple somme toute). Enfin, une dernière évidence : le batteur est plus que remarquable, diablement subtil, et pourvu d’un groove du tonnerre.

Puis les écoutes se succèdent, et le disque se dévoile, affichant une musique riche et fine où tout coule de source. Sur-le-champ, on embarque dans une aventure subjuguante au coeur du nouveau monde d’Opeth, dans un univers revisité où chaque plage prodigue une teinte spécifique. Néanmoins, les riffs alambiqués y côtoient toujours de splendides parties de guitare acoustique et des arrangements orchestraux de plus en plus enchanteurs, savamment dosés. Subsistent aussi les climats mystérieux, les soli frénétiques, une pointe de mélancolie… D’autres choses, plus rares, se présentent… Notamment les harmonies moyen-orientales dans le chant, comme dans l’ondoyant « Cups Of Eternity », ou dans les violons de l’occulte « Voice Of Treason ». Un instrumental fantasque, le trépidant « Goblin ». Ou encore l’unisson unique des voix dans le presque CSN&Yien « River ».

Pale Communion est un album autant complexe que parfaitement abordable, qui ne cesse de grandir au fil du temps. Opeth se trouve donc être le groupe de toutes les audaces, celui qui triomphe d’une mutation intense en sachant garder son âme. Vénération. Sans réserve.