The Algorithm - Polymorphic Code

12/11/2012

Par Florent Canepa

Label: Basick Records

Site: www.facebook.com/TheAlg0r1thm

Quand l’électronique et l’électrique se marient, ce n’est pas toujours pour le meilleur. Une nouvelle équation à résoudre se pose aujourd’hui devant nous. Le Montpellierain Remi Gallego, alias The Algorithm, est un enfant des deux mondes. La confrontation n’en est pas une ici car son oeuvre dessine un véritable vortex. Totalement instrumental, Polymorphic Code puise aussi bien chez Aphex Twin que chez Meshuggah, rythmiques folles ou cuts à l’appui.

Le producteur-musicien propose des allers-retours incessants entre évocations ambient que ne renieraient pas Faithless ou Ferry Corsten et des saturations héritées du metal ou thrash, taillées à la serpe de l’échantillonage. Parfois, un authentique mélange des deux (« Warp Gate Exploit »). A la chaleur des groupes rock se substitue un couvercle glacial, amplifié par une batterie qui reste foncièrement sèche. Les enchaînements ne donnent pas toujours dans la finesse. Mais ce code bien introverti se lit finalement plus comme un album de Future Sound of London que comme une oeuvre progressive proprette. La trame datée évoque, à chaque détour, ces jeux Atari (Amstrad ?) qui ont construit notre pavillon auditif électronique. L’objet devient alors une curiosité obsolète, surtout quand Paul Oakenfold déboule dans ce siècle (« Panic »). Mais l’electronica dégénère toujours un peu… ou beaucoup comme avec « Access granted », le titre le plus dingue, avec des vrais morceaux de reggae à l’intérieur. Résolument entre deux normes et hors-norme.