King of Agogik - From A to A

13/12/2011

Par Jean-Philippe Haas

Label: sAUsTARK Records

Site: www.king-of-agogik.com

King of Agogik est le projet solo du batteur Hans Jörg Schmitz qui a officié les trente dernières années dans diverses formations allemandes méconnues chez nous. Depuis 2006, quatre albums ont vu le jour, développant un rock progressif instrumental assez classique, où les baguettes du bonhomme et les synthétiseurs en tous genres s’en donnent à cœur joie. Schmitz ne se contente pas de rester derrière son kit, il joue également de la basse, de la guitare et des claviers sur la plupart des titres, laissant toutefois quelques amis prendre la relève ça ou là. From A to A, selon les propres termes de son créateur, est un voyage où se mêlent expériences personnelles, rencontres, et idées à propos d’événements ayant eu lieu autour de la ville d’Andernach, Allemagne.

« 12 B.C. » (année de la fondation d’Andernach/Antunnacum) ouvre le disque par une débauche oiseuse de roulements, suivi par l’énorme et décousu « From A… » : par ses passages assemblés artificiellement, parfois abruptement, son manque de liant malgré les thèmes récurrents, ce béhémoth de vingt minutes n’est sans doute pas la meilleure manière d’ouvrir les hostilités et peine à appâter le chaland. Les soixante-dix-sept minutes de From A to A sont à l’image de cette composition pataude : les nombreuses bonnes idées et les passages accrocheurs sont dilués dans un enchevêtrement de séquences mises bout à bout sans réelle cohérence… à moins que celle-ci ne soit savamment dissimulée et réservée aux méritants qui auront ingurgité l’œuvre un nombre suffisant de fois. Même lorsque Schmitz fait preuve de sobriété, elle est sabotée par des sonorités imbuvables. L’étalage de toute la gamme existante des sons de claviers ne présente ainsi pas que des avantages, le roi Mellotron ne faisant guère bon ménage avec les synthétiseurs bon marché d’une certaine marque italienne.

From A to A aurait gagné à être amputé d’un bon tiers de sa longueur. Une débauche d’idées non exploitées, mal agencées, et quelques clins d’œil destinés aux oreilles averties ne suffiront probablement pas à attirer l’attention sur ce disque confus, redondant et handicapé par l’absence d’une ligne directrice claire. Le syndrome « je fais tout moi-même » a encore frappé. N’est pas Neal Morse ou Devin Townsend qui veut.