The Aristocrats - The Aristocrats

15/09/2011

Par Dan Tordjman

Label: Autoproduction

Site: www.the-aristocrats-band.com

The Aristocrats. Derrière ce nom se cache un trio de fines lames : Bryan Beller (Mullmuzzler, Dweezil Zappa), Guthrie Govan (Asia, GPS) et Marco Minnemann, candidat déclaré pour remplacer Mike Portnoy chez Dream Theater (vous savez, celui qui a scotché le groupe, le tout avec le sourire, s’il vous plaît), également batteur pour Paul Gilbert et Adrian Belew.

Forcément, cette « Dream Team » nourrit bien des curiosités. Un peu comme le Liquid Tension Experiment en son temps, quelle musique peut bien proposer une telle somme d’individualités ? Après plusieurs écoutes, on peut dire que The Aristocrats offre une mixture alternant riffs lourds comme ceux de « Boing ! … I’m in the Back » et de « Sweaty Knockers », et groove funky comme sur « Bad Asteroid ». Bref, à l’instar d’un Mörglbl Trio, les lascars brassent large, très large, et ne s‘imposent aucune limite. Difficile de faire la fine bouche lorsqu’on sait quel bienfait cela peut être de laisser libre cours à la spontanéité. « Get It Like That » en est une preuve très tangible avec son phrasé jazzy, certain de faire mouche.

La réussite d’une telle association c’est de faire en sorte que – comme le veut la coutume – chacun des protagonistes puisse y aller de son moment «  Je-mets-des-baffes-à-tous-les-apprentis-musiciens-et-avec-le-sourire-s’il-vous-plait » avec fluidité et douceur. A partir de là, il est bien évidemment hors de question de ressortir un titre ou un musicien du lot. Néanmoins, que l’on soit bassiste ou guitariste, impossible de rester impassible à l’écoute de quelques interventions bien senties, notamment sur « Furtive Jack », « Blues Fuckers » et « See You Next Tuesday » de Marco Minnemann, qu’on écoute sans doute désormais d’une autre oreille.

The Aristocrats est un album certes technique, mais d’où, et c’est paradoxal, se dégage une impression de légèreté et de fraîcheur qui ravira les amateurs de musique déstructurée. D’avance, on se lèche les babines à l’idée de voir une affiche avec le Mörglbl Trio, où le côté classe des trois énergumènes trancherait certes avec la face foldingue de Christophe Godin et ses compères, mais dans un but qui resterait le même : nous administrer une leçon. Au risque de paraître sadique, une telle fessée ne se refuse pas.