Moon Safari - Lover's End

01/02/2011

Par Jérôme Walczak

Label: Blomljud Records Inc.

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Ces Suédois font du bien, un bien immense, par leur absence totale de gravité et de sérieux. Leur optimisme rompt avec le cahier des charges propre à de nombreuses formations de la galaxie progressive : virtuosité, ennui, aspect planant et introspections. Hors de ces quatre dimensions, point de salut. Mais le bras d’honneur infligé par Moon Safari à la populace au nez pincé est de ce point de vue salvateur.

Il ne s’agit pas ici d’aller chercher la moindre parcelle de délires techniques. Moon Safari est là pour provoquer de la joie et du rire, le reste est accessoire. Ainsi, crime suprême, le groupe aligne des titres mélodiques, « faciles » en apparence, qui puisent leurs racines chez les Beatles, ELP, voire Queen pour cette propension plus que réussie aux chœurs, avec en prime un rappel du thème de « New York New York » de Sinatra sur « New York City Summer Girl ».

En revanche, le style a bien du mal à évoluer d’album en album. Les compositions demeurent superficielles – quel mot magnifique… la musique est bonne quand, justement, elle ne sert à rien : alors, ne demeure que le pur et simple principe de plaisir – et quelques titres se révèlent plus mollassons que d’autres (l’introduction sirupeuse et totalement inutile de « The World Best Dreamers » par exemple).

Moon Safari affiche ainsi une certaine allégresse et parvient à faire sortir de ses ornières seventies et eighties le genre progressif. Loin d’être caricatural tout en restant badin, Lover’s End fera gesticuler gaiement les neurones tout en donnant envie de se remuer le popotin. Le meilleur antidépresseur du moment !