Pure Reason Revolution - Hammer and Anvil

18/10/2010

Par Jérôme Walczak

Label: Superball Music

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La bande de Jon Courtney persévère plus que jamais dans la vague electro qui avait assuré le triomphe d’Amor Vincit Omnia il y a un peu plus d’un an et demi. Hammer and Anvil invite l’auditoire, qui avait fondé de sérieux espoirs sur cet excellent second disque, à rester sur un chemin balisé, puisque ne sont privilégiées que les recettes « faciles » au détriment de la créativité…

Ce qui auparavant avait emballé, c’était l’audace de s’éloigner des poncifs crypto-floydiens de The Dark Third pour inaugurer un vent d’énergie electro hyper dynamique. Pure Reason Revolution osait pousser le prog jusque dans ses limites les plus insoupçonnées, en proposant un son évolutif reposant sur une kyrielle de techniques nouvelles, gravitant autour de sons house et garage, tout en s’attachant fermement aux ressorts et développements parfois inattendus du rock progressif.

La formation britannique ne semble avoir retenu de son changement que le caractère commercial et agitateur de dancefloor à la chaîne, à une exception près qui sauve néanmoins parfois les meubles. Les titres s’égrènent simplement sans que de grands efforts ne soient réalisés sur l’architecture globale. Le doublé « Blitzkrieg » et « Open Insurrection », d’une durée d’environ dix minutes, explore des sonorités ambient conduisant à un martèlement anxiogène et hypnotique pour s’achever dans une débauche azimutée et assourdissante à l’efficacité indéniable.

Le reste n’est malheureusement que remplissage et récupération des ingrédients les plus sommaires d’Amor Vincit Omnia. Le final « Armistice » est une mélopée directement issue du précédent album, où les émotions se limitent à des scansions répétitives, tout comme « Black Mourning », clone parfait de « Victorious Cupid »… Ainsi toute la substance et le talent du groupe sont négligés.

Les relents pop, limite punk sur certaines pistes (« Fight Fire »), feront définitivement fuir ceux qui déploraient le virage opéré il y a quelques années, mais risquent également de lasser ceux qui l’avaient accepté. Il n’en demeure pas moins que de tels musiciens peuvent relever le niveau à l’avenir. Dommage pour le moment, avec un tel potentiel, que Pure Reason Revolution n’ait su, hélas, rebondir du bon pied.