Pan Sonic - Gravitoni

16/07/2010

Par Jérémy Bernadou

Label: BLAST First (petite)

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Bon, Pan Sonic, c’est fini. Cet album est annoncé comme étant l’ultime rejeton du duo culte finlandais. Pionniers de cette approche minimale de l’IDM, leurs albums ont toujours conservé une qualité constante au cours des années. Il s’agit d’une musique clinique à la précision millimétrique. On est en effet loin d’audaces rythmiques et autres effets tape-à-l’œil. Ici, tout se construit sur la durée, se développe peu à peu, presque à l’insu de l’auditeur. Au fil des minutes, le paysage se met en place, les couleurs se combinent pour former une ensemble cohérent. Pas besoin de longs morceaux pour faire passer le message : Pan Sonic, c’est brut et aux antipodes de tout optimisme.

Les temps ont changé depuis le mastodonte Kesto (234.48:4), un quadruple album qui montrait déjà de façon extrême toute l’étendue de leurs talents. Désormais, c’est une musique plus aride et renfermée, moins touche-à-tout, mais loin d’être sage pour autant. Les drones flottent en permanence, de manière à peine sensible, enrichissent au passage l’étendue sonore de l’album et son côté hypnotique. On pense aux travaux solo d’Alva Noto, surtout au niveau des structures. Ceci dit, les sonorités sont plus épaisses et distordues. Même les expériences les plus proches du harsh noise (« Corona ») restent limpides, malgré la difficulté évidente de ce type d’approche.

Parfois abrasive et stridente, le binôme sait également mettre en avant une facette plus ambient, tout en évitant les pièges récurrents du genre comme les sons peu variés et qui ont tendance à tourner en rond. Le titre « Väinämöisen Uni / Väinämöinen Dreams » rappellerait presque Deathprod en plus apaisé, aidé par une atmosphère suintante et malsaine. Or c’est bel et bien la présence permanente du rythme linéaire et implacable qui donne à Gravitoni une allure si terre-à-terre, presque organique finalement. Amen.