Obskuria - Burning Sea of Green

25/03/2010

Par Jérémy Bernadou

Label: World in Sound

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Après un premier album à cheval entre krautrock et hard psychédélique, les membres d’origines variées d’Obskuria (Etats-Unis, Allemagne et Pérou) remettent le couvert pour ce Burning Sea of Green sans changer leur formule d’un iota. Le groupe semble avoir été particulièrement marqué par la musique des des années soixante-dix au point de vouloir y retomber dedans, comme si rien de bon ne s’était passé ces dernières décennies.

Certes les références glorieuses se succèdent à l’instar du Pink Floyd le plus psyché, Hawkwind ou même Black Sabbath. Or les compositions d’Obskuria ne parviennent jamais à dissiper la présence de ces illustres prédécesseurs. Ainsi, la formation s’enferme dans le carcan que ses membres ont définis eux-mêmes. Les quelques bonnes idées se retrouvent noyées sous un manque d’ambition certain, guère plus convaincant que le «&nbso;cover band » du coin. Seule la reprise de « Black Magic » de Slayer reste une agréable surprise, notamment grâce à un arrangement qui fait passer le titre pour un twist inquiétant et décalé.

Enregistré en une prise avec des musiciens jouant simultanément, cette méthode insuffle à l’album une certaine énergie qui met en lumière le côté bouillonnant de leur mixture. La forte réverbération sur les chants masculin et féminin renforcent malheureusement l’aspect amateur (« Slow Stone »). C’est lorsque le groupe choisit des formats plus étirés qu’il s’avère le plus convaincant (« Burning Sea of Green ») : leur propos devient dès lors aéré, moins poussif, et les structures prennent plus facilement leur envol, avec parfois un orgue Hammond qui s’affirme davantage afin d’ajouter un peu d’emphase à l’ensemble.

C’est un labeur soigné qui arrive à son but, mais qui reste terriblement convenu. Pourtant, avec une plus grande envie de sortir des sentiers battus, les membres d’Obskuria sont capables de surprendre. Dans l’attente de lendemains meilleurs, Burning Sea of Green se contente d’appliquer à la lettre la leçon apprise pendant les années soixante-dix, sans vraiment parvenir à s’affranchir d’un patrimoine qui a déjà fait ses preuves… il y a quarante ans.