Dreamlost - Psychomedia

09/02/2010

Par Jérôme Walczak

Label: Musea

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Il est difficile de parler avec conscience de ce disque sans se départir d’une très mauvaise impression laissée par une production agressive et brouillonne. Les basses et les batteries noient le propos de manière si incommodante que l’on est forcé de tendre l’oreille pour apprécier les mélodies et les petites prouesses techniques qui émaillent (peut-être) cet ensemble. Les Parisiens de Dreamlost n’en sont pas à leur coup d’essai : depuis 1996 ils s’amusent, dans le petit monde du prog’metal, largement embouteillé par pléthore de galettes plus ou moins inégales ; Outer Reality (2006), s’était déjà orienté vers un metal fouillé mais poussif, tentant quelques digressions et actes de bravoure techniques qui avaient aiguisé les oreilles averties. Ce nouvel album, plus accessible semble-t-il, tâche également par des mélodies accrocheuses – qui se revendiquent ouvertement de grandes sommités telles Evergrey ou Angra – de montrer que les petits Français en ont dans la culotte. Lorsque la batterie est atténuée, quelques moments plus symphoniques peuvent être effectivement repérés ici et là (« Resilience » ), dont la parenté avec les noms sus-cités ne fait pas l’ombre d’un doute. Le vrai souci, c’est que là où des groupes maîtres de leur art parviennent à guider l’auditeur, Dreamlost propose des enchaînements passablement détériorés, un embrouillamini d’impressions, de tons, de changements de rythmes, qui noient plus qu’ils n’éclaboussent. Trop de thématiques musicales sont abordées, entre les ballades relativement insipides et dénuées d’émotion (« E-Life ») et les parties plus denses étouffées par les sonorités urbaines et les bruitages. Autant de déconvenues qui ne suscitent finalement que peu d’intérêt…