Orsi / Becuzzi / (etre) - So Far

26/11/2009

Par Jérémy Bernadou

Label: Porter Records / Orkhestra

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Trois pistes audio de même durée : seize minutes et seize secondes. A l’image de la pochette, ces trois Italiens orientés ambient et drone évoquent de vastes plaines désertiques grâce à une musique statique toutefois soignée jusque dans ses moindres détails.

« Act I » et ses six notes de piano jouées en boucle devant un fond sonore en perpétuel mouvement, indique clairement la couleur. So Far baigne dans les courants electronica de plus en plus en vogue. Alors certes, l’effet est souvent facile : l’atmosphère de l’album est constamment envahie de field recordings, ces enregistrements divers de la vie quotidienne. Tout y passe, depuis les discussions en arrière-plan jusqu’aux bruits de vent. Pourtant, c’est un parfum relativement apaisant qui se détache de l’ensemble pour peu que l’on se laisse prendre au jeu et que l’on néglige le dépouillement musical parfois extrême qui caractérise ce disque.

Fort soignée, la mise en forme parvient à éviter le côté « clinquant » et résolument vide du new age de supermarché. Les guitares font parfois leur apparition, le plus souvent pour des jeux de résonance, même si des boucles très simples peuvent se faire entendre, comme en témoigne la seconde moitié très hypnotique de « Act II ».

Si l’album est en fin de compte assez anecdotique, l’esthétique sonore peut toutefois attirer une certaine frange du public : c’est épuré et frais comme une sieste en bord de mer. So Far reste idéal en fond sonore un dimanche matin, pour émerger tranquillement d’une torpeur ambiance Lost in Translation