Spheric Universe Exp. - Unreal

17/09/2009

Par Marjorie Alias

Label: Trendkill Recordings

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Un nom compliqué, une musique estampillée metal progressif et une nationalité française qui n’ont pas empêché le club des cinq Niçois de s’exporter avec un succès d’autant plus remarquable qu’il fût rapide… Quel est donc le secret de Spheric Universe Experience ? Cette nouvelle production puise sa source d’inspiration et le thème de ses paroles dans les phénomènes paranormaux, ce qui ne manque pas d’intriguer et d’interpeller. A l’écoute des titres de ce nouvel album, nul besoin de sortir les tables Oui-Ja et d’invoquer les hauts esprits métalliques pour comprendre qu’il y a là matière à séduire les amateurs de sonorités riches en influences et savamment ficelées.

Les neuf morceaux se suivent et ne se ressemblent pas. Le trio de tête délivre des tubes en puissance, où les refrains addictifs s’imposent et se placent avec efficacité là où la musique donne dans le ton et place haut le niveau des musiciens. Le nouveau batteur Christophe Briand justifie rapidement son intronisation parmi des confrères tout aussi inspirés. Une atmosphère générale de professionnalisme et de puissance s’impose donc, teintée d’éléments plus personnels comme les excellents claviers tout à tour seventies, orientaux ou jazzy, qui sèment néanmoins un certain trouble tant ils semblent éloignés parfois de la pesanteur inquiétante à laquelle on s’attend davantage. Peut-être était-ce là le but : suggérer un décalage patent entre les thèmes et les sonorités qui évite de confiner l’auditeur dans un univers contrefait à grand renforts de clichés transpirant le déjà-entendu. Les paroles auraient d’ailleurs mérité d’être plus recherchées et de pousser plus loin le concept alléchant annoncé.

C’est après l’instrumental et très réussi « Near Death Experience » que s’étoffe véritablement le potentiel ésotérique de l’album, par des moments d’intensité floue et d’émotions lancinantes qui parviennent à toucher leur cible. Le chant caractéristique et reconnaissable de Franck Garcia joue la carte du paradoxe en mettant ses quelques imperfections au service de diverses ambiances souvent grinçantes. Véritable réussite et pépite d’expérimentation, « O.B.E » laisse un goût de trop peu qui précipitera l’écoute vers le dernier arcane d’Unreal. Un album qui se révèle à plusieurs reprises tantôt réjouissant, tantôt légèrement déroutant. Pas de mystère, voilà un groupe qui mérite qu’on s’y attarde : ce n’est pas de la magie, c’est du talent.