Airbag - Identity

26/08/2009

Par Jérémy Bernadou

Label: Karisma Records

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Depuis 1994, ces Norvégiens se sont faits connaître par le biais de deux entités. La première, The Pink Floyd Expérience est, comme son nom l’indique, un tribute band en l’honneur des Anglais. La seconde établie depuis 2004 leur permet de rendre publiques leurs propres compositions. C’est sous cette dernière que les musiciens ont enchaîné des mini albums loin d’être de totales copies carbone de Pink Floyd. Ils en gardent certes l’aspect atmosphérique mais s’octroient également les univers des Porcupine Tree et autres Marillion. Ce premier effort est donc exclusivement constitué de morceaux provenant de leurs deux derniers EP et réenregistrés pour l’occasion.

Si l’effet de surprise en prend un coup pour les coutumiers de la bande, ce choix permet à la formation d’assurer avec des titres qui ont fait leurs preuves, notamment sur Internet. Tous les éléments du genre sont présents à l’instar des guitares désabusées de l’introduction de « Feeling Less » ou d’enveloppes de claviers typées. Tout en s’éloignant du spectre de leur principale influence, l’interprétation reste assez proche, voire quasi mimétique par moments (l’orgue Hammond de « Steal My Soul » par exemple).

Il est aussi à souligner le travail intense sur les arrangements d’une réelle beauté (« Colours »). Dès lors, Airbag fait un pied de nez aux clichés pour mieux mettre en valeur une certaine musicalité, tout en essayant de varier tant bien que mal leur champ sonore, comme le final de « No Escape » où le piano se fraye un chemin autour de boucles électroniques.

La voix de Bjørn Riis évoque sans détours celles de Vinnie Cavanagh (Anathema) et de Mariusz Duda (Riverside), et renforce l’éclairage mélancolique défendu par les Norvégiens. En optant pour une facette pop, le groupe évite de lasser l’auditeur avec des envolées trop ampoulées. En prenant finalement peu de risques (sic), ce disque gagne toutefois en solidité ce qu’il perd en folie. Si l’identité est à affirmer, Airbag tire néanmoins son joker par un sérieux et une grande connaissance du milieu. Du « miel pour les oreilles » qui en convaincra beaucoup.