The Nether Dawn - Well Song

03/08/2009

Par Jérémy Bernadou

Label: Porter Records / Orkhestra

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Anthony Milton est un musicien prolifique. En plus de jouer dans de nombreux groupes et autres collaborations plus ou moins aventureuses, ce guitariste néo-zélandais amateur de manipulations en tout genre a publié de nombreux recueils en solo, sous son propre nom ou par le biais de divers pseudonymes. The Nether Dawn est l’un de ces projets, décrit comme du « midnight drone blues » ; une formule qui sied à l’aspect contemplatif et nocturne d’un album enregistré qui plus est dans un bunker datant du début du siècle dernier ! L’idée a de quoi surprendre, mais semble toutefois cohérente pour cet explorateur en quête de nouvelles couleurs… ou simplement d’un état d’esprit particulier pour mieux aborder son rapport à l’instrument.

Chaque titre se base sur le même schéma structurel et laisse l’exploration sonore prendre le pas sur la composition, à l’instar de « Step Through the Night », sur lequel la guitare laisse résonner pendant six minutes les notes d’un arpège en mi mineur, tout en faisant évoluer le matériau sur fond de field recordings, d’électronique et autres échos tournoyant tempérés. Le résultat, assez immersif et hypnotique, reste très orienté lo-fi. Volontairement altéré, le son frise en permanence la saturation et confère un aspect fragile à l’ensemble. Seul « Step Through the Night » se démarque par l’unique apparition de la voix désabusée du compositeur, qui joue d’un subtil crescendo enrichissant le tableau sans jamais contrecarrer le propos minimaliste de la musique. Les couches se superposent donc comme autant de fragments qui n’ont de sens qu’une fois mis bout à bout.

Sans réelle ligne mélodique, Anthony Milton suggère donc l’image perpétuelle d’un univers confiné, à la manière de Keiji Haino sur son Affection, vision d’un noise-folk à la fois apocalyptique et renfermé. Probablement hermétiques pour certains et fascinantes pour d’autres, ces « expériences » se révèlent être avant tout le fruit d’une approche sincère et fondamentalement artistique. En revanche, force est de constater que la recette du kiwi s’essouffle sur la durée tant l’hypnose cède parfois le pas à des instants terriblement soporifiques…