Universal Totem Orchestra - The Magus

17/01/2009

Par Jérémy Bernadou

Label: Black Widow

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Projet parallèle à Runaway Totem, cette formation livre son second album… près de dix ans après la sortie de leur Rituale Alieno. Ces Italiens aiment soigner leur musique, et cela s’entend dès les premières notes : chaque intervention soutient l’ensemble de façon à faire apparaître une réelle cohérence. Ceci dit, les sections s’enchaînent bien souvent sans réelle transition, en témoignent par exemple les interventions du piano de « De Astrologia » qui s’avèrent d’une rigidité assez remarquable. Les compositions perdent ainsi en fluidité bien que la logique des structures soit implacable. En effet, chaque développement, chaque baisse de tension a son intérêt et trouve sa place dans un édifice plus stable qu’il n’y paraît. Même la durée de l’ensemble – soixante dix-neuf minutes tout de même ! – n’apparaît pas comme un réel défaut, chaque titre apportant quelque chose au disque. Les lignes vocales quant à elles rattachent définitivement Universal Totem Orchestra au courant zeuhl : l’alternance des chants masculin et féminin et l’intonation générale fait ainsi fortement penser à Magma, voire trop parfois… Malgré tout, le chant féminin à tendances lyriques n’est pas remarquable techniquement, son vibrato devenant assez crispant à la longue, bien que ce type d’intervention s’intègre assez bien à l’atmosphère développée par la formation. La ballade « Les plantes magiques » joue bien son rôle de « calme au milieu de la tempête » malgré un final un peu grandiloquent.

Le son d’ensemble est bien meilleur que celui des albums de Runaway Totem, mais n’est pas marquant pour autant : les sonorités du clavier de Fabrizio Mattuzzi peuvent s’avérer bien trop datées, surtout au regard d’autres productions actuelles : l’introduction de « Mors, Ultima Linea Rerum » passe même pour du second degré tant elle semble cheap. Mais l’objectif d’Universal Totem Orchestra n’est pas là. Ceux qui recherchent une alternative à l’influence jazz de Magma peuvent s’intéresser de près à l’objet : même si l’interprétation ne brille pas particulièrement par son intensité, l’ensemble apparaît justement abordable pour les proggeux réfractaires aux frasques kobaïennes. A ce titre, le très instrumental « Coerenza Delle Percentuali » et son évolution typiquement progressive ne manquera pas de marquer quelques esprits. Jamais le groupe n’arpente des sentiers trop expérimentaux, et reste plus cohérent dans sa démarche que précédemment. Bref, The Magus apporte un résultat assez frustrant : on sent que les Italiens sont capables de réaliser de grandes choses, mais malheureusement les défauts des précédents albums subsistent. Les amateurs apprécieront malgré tout, retrouvant dans cette galette un groupe n’ayant pas peur de s’aventurer sur des terrains ambitieux pour livrer une musique sincère et finalement assez personnelle.