Caamora - Journey's End...

08/01/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Metal Mind Productions

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C’est donc ainsi que la folle histoire de Caamora devait s’achever. Rangés les accessoires, les mises en scènes wagnériennes, les décors de soap opera : place à la douceur, au repli, voire au recueillement. Les deux complices du grandiose projet She viennent clore, avec ce double album, un cycle fou et onirique qui les emporta dans une tournée inespérée, de l’Argentine à la Pologne, en passant par le Spirit of 66 de Verviers en Belgique. Pour parachever ce travail, voici donc un rendez-vous convivial, intime, où le piano et les deux voix sont seuls, avec nous, pour notre plaisir égoïste. On retrouve, bien évidemment, les élans et les emportements qui avaient tant séduit dans l’album, mais le choix de l’acoustique apporte ici de nouvelles dimensions : l’esprit de l’auditeur n’est plus préoccupé par quoi que ce soit d’autre que la voix, la mélodie, le texte. Les accompagnements de Nolan ne font qu’effleurer respectueusement le délicat organe de Mademoiselle Swita, ils l’enrobent sans lui nuire, s’effacent à mesure que le climat s’installe. La musique laisse la place aux couleurs, à d’autres mondes, à d’autres images, et ces fulgurances s’entrechoquent avec talent dans nos esprits. Saluons au passage le magnifique «  In Aeternum  », aux ambiances proches de Loreena Mac Kennit, ou l’inédit, «  Journey’s End  », qui accueille avec grâce tout nouvel entrant dans ce monde tranquille. La chanteuse, dépouillée de tout son attirail baroque, se consacre sans fioritures inutiles à son art, et lentement, calmement, avec délectation, l’ensemble des chansons qui, un temps avaient fait frémir, bondir, sautiller, finissent cette fois par nous émouvoir, par nous adoucir, par nous attendrir. Cet album est réussi, calme et tranquille, propice au rêve et à la magie. Clive Nolan est un immense artiste, cet album en témoigne une fois de plus. L’amateur de Néo ne peut qu’y trouver son compte !