Birdsongs of the Mesozoic - Dawn of the Cycads

02/12/2008

Par Christophe Manhès

Label: Cuneiform Records / Orkhestra

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Ils font de la peine les Birdsongs of the Mesozoic. On a bien envie de les aimer, ces Yankees, parce qu’ils burinent leur substance avec tant d’acharnement depuis vingt-cinq ans, que c’en est touchant. Mais voilà, pour eux, pour nous, c’est dur. Dur parce que jouer dans la cour du RIO,c’est se rapprocher du gotha prog, de Present, d’Univers Zero ou de Miriodor, tous des virtuoses au talent incorruptible. Dur, enfin, parce que pour transformer le plomb en or, quand vous donnez autant de place aux machines, surtout aux percussions électroniques, il faut avoir au moins la classe d’un Klaus Schulze pour parvenir à dorloter nos oreilles. Or Birdsongs of the Mesozoic a des ambitions mais sue sur les moyens. Et depuis toujours.

Dawn of the Cycads en est la démonstration. Après le calamiteux album studio Extreme Spirituals sorti en 2006, parait aujourd’hui ce double album, sorte d’anthologie des premières besognes de Birdsongs of the Mesozoic expulsées dans la douleur au milieu des années quatre-vingt. Et c’est un sacré bouzin que l’on ne peut destiner qu’aux aficionados (le second disque comporte notamment de nombreuses datas). Et encore. Composé de deux EP, du premier album, d’un live et de trois titres plus « malus » que bonus, reconnaissons que ce copieux recueil atteste d’un vrai style acquis dès les débuts. Mais la maladresse avec laquelle le groupe a tenté de marier le courant minimaliste, dans lequel des compositeurs célèbres comme Michael Nyman, Terry Riley ou Philip Glass ont exercé, au rock progressif radical du Rock In Opposition, laisse perplexe.

Si elle est souvent ludique, cette musique ne possède ni l’ironie mordante, ni la dextérité ébouriffante qui font la richesse du terreau des plus grands du genre. De plus, à travers une interprétation curieusement décomplexée copulent en vrac idées mal servies, remplissages inutiles et, pis, mauvais goût. Soit, nous sommes au cœur des années quatre-vingt, mais rappelons que la plupart des grands groupes de RIO ont dignement traversé cette sombre époque pour la musique. En somme, si vous voulez goûter aux idées de Birdsongs of the Mesozoic, vous êtes prié d’aller voir du côté de The Iridium Controversy, paru en 2003. Quand au reste, c’est l’anecdotique qui l’emporte. Au mieux.