Simone Choule - Simone Choule

17/11/2008

Par Jérémy Bernadou

Label: Autoproduction

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Qui peut bien se cacher derrière un tel patronyme, tiré d’un film de Roman Polanski ? Les acteurs de cette formation sont pourtant loin d’être des inconnus : composé aux trois quarts de membres de Psykup (au chant, basse et batterie), tous cherchent à développer autre chose, un idéal qui prend forme à travers cet EP de cinq titres grâce auquel Simone Choule signe son acte de naissance. Le côté cinématographique de cette sortie ne fait aucun doute, qu’il s’agisse de la pochette – on pense à Manimal pour cet aspect – ou du contenu. Cette musique semble nous entraîner ailleurs, dans un inconnu étrange et pourtant si attirant…

La quatuor explore de nombreux univers pour développer une mixture propre, aux confluents des univers musicaux de ses membres. Des guitares assez peu saturées typées « post rock » tenues avec succès par Baptiste (Aeria Microcosme), de nombreux passages mélodiques… Se seraient-ils assagis ? La qualité et la folie des titres nous convainquent pourtant du contraire. L’étendue des registres abordés est relativement importante, le groupe n’hésitant pas à passer d’un refrain quasi pop à un déchaînement vocal qui n’a rien à envier aux pages les plus metal de Psykup. Ce qui différencie néanmoins Simone Choule du groupe de « l’autruche-core », c’est la liberté de ton des compositions brodées autour de schémas moins complexes, presque indie dans l’esprit.

La production, très roots et volontairement « sale », se révèle être parfaitement adaptée à ce type de musique. L’auditeur se sent ainsi proche des musiciens, emporté par une fougue qui prend réellement aux tripes. La batterie de Brice apparait par ailleurs transfigurée, cherchant constamment le groove et la finesse, englobés de cette fusion d’une cohérence rare, qui sonne d’une façon très originale et qui prend constamment à contre-pied, par le biais de cet aspect déstructuré et incontrôlable en apparence. La technicité de l’ensemble est par ailleurs très relevée, chaque titre comportant un nombre incalculable de digressions en tous genres, comme sur « Black Page » qui, après un début inquiétant, prend son envol dans une schizophrénie de bon aloi. Entouré d’expérimentations lorgnant plus du côté de l’acousmatique que de la musique populaire, « Bathyscaphe » ne fait qu’accentuer cette impression de folie maîtrisée.

La courte durée de l’objet – vingt-cinq minutes – met en lumière l’intensité de l’ensemble : ce brûlot risque de tourner de nombreuses fois dans vos chaumières ! Cette nouvelle politique, qui consiste à ne sortir que des mini albums pendant des intervalles courts, marchera-t-elle ? Dans tous les cas, le talent des quatre lurons semble sans limite parle pour eux, quelle que soit l’orientation musicale et de publication choisis.