Masala - The Drifter

29/07/2008

Par Jérémy Bernadou

Label: Autoproduction

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Un vent de fraîcheur pour bien traverser cet été ! Ce trio français qui a déjà secoué de nombreuses salles de concert se décide enfin à sortir son premier album. Et face à la réussite que constitue ce disque, on se dit que l’attente a été bénéfique !

La qualité de l’ensemble surprend : que ce soit au niveau de la production ou du talent des musiciens, rien ne laisse présager que nous avons affaire à une autoproduction. En effet, chaque détail a été pesé avec soin afin de gagner en efficacité. Le fondateur de Masala, Franck Da Silva, qui officie au chant et à la basse, s’affirme comme un des grands atouts de la formation. Son chant est d’une variété exemplaire, parvenant à faire mouche lors d’ambiances différentes mais toujours complémentaires. Ses lignes de basse sont dignes des grands groupes des années quatre-vingt-dix pour lesquels le groove était une priorité, Primus en tête. L’instrumental « School Staff » illustre à merveille cette tendance, doté de parties de guitare lorgnant du côté de Steve Vai. Les bons moments se suivent et détonnent à l’instar du dépaysant « Out of Time » sur un rythme de valse, ou le pêchu « Planet Earth » et sa riche interprétation.

Tout en excellant dans la maîtrise de leurs instruments, les musiciens parviennent à rester en permanence au service du morceau, sans esbroufe inutile, tout en relevant pour exemple le solo de guitare très réussi sur « Shining », ou plus généralement la diversité de la batterie qui renforce l’impact du groove qui les caractérise. Il est d’autant plus surprenant de voir que le guitariste et le batteur sont membres du groupe de metal industriel Treponem Pal, tant ces deux formations sont éloignées musicalement. Une fois de plus, c’est la large palette d’influences qui étonne.

Bref, Masala apparaît dès ce premier essai comme un des principaux espoirs de la scène française dans ce créneau souvent emprunté, mais rarement secoué par de nouvelles têtes. Des disques comme The Drifter sont là pour nous rappeler que la formule du power-trio a encore de beaux jours devant elle.