Manimal - Eros & Thanatos

18/02/2008

Par Jérémy Bernadou

Label: Jerkov Musiques

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Avec un tel projet, celui de réunir quelques musiciens parmi les plus influents et innovants de la scène metal française, il était certain que Manimal ferait du bruit. Et le résultat surpasse toutes les prévisions, tant la liberté et la maîtrise dévoilée sur ce premier album ne fait aucun doute. En qualifiant eux-mêmes leur musique d’open death, Manimal est rapidement passé au statut de groupe culte, notamment par le biais de prestations scéniques très nombreuses, d’une intensité qui avait déjà fait la réputation des formations de ses membres.

Manimal est issu des principales sphères metal toulousaines, avec deux membres de Psykup (Ju au chant et Brice à la batterie), le guitariste Vidda (qui rejoindra Psykup par la suite), un membre de Leiden (Ludo), et le bassiste Fabrice. Cette dream team s’est donné pour but d’exploiter au maximum ses capacités, afin d’obtenir un brûlot sans concession. En entrant dans le studio de Gojira (les Milans), ces musiciens décident de vider littéralement leurs tripes, et cherchent à aller aussi loin que possible. Le blast-beat de « Take Me » qui ouvre l’album annonce le rythme : l’auditeur ne ressortira pas indemne de cet album ! La comparaison avec Psykup est inévitable, car les deux formations se partagent le chant de Ju, dont la puissance et l’originalité se démarquent haut la main. Manimal exploite plutôt l’aspect death et hardcore, sans pour autant être très accessibles, car les rythmiques en perpétuel mouvement sont d’une complexité effrayante, tout en restant fluides. Les titres, assez courts pour la plupart, laissent la part belle à des ambiances extrêmes qui restent toujours étonnamment variées, grâce à des membres à la personnalité tellement affirmée que la patte de chacun est immédiatement reconnaissable.

Malgré tout, Eros & Thanatos n’abandonne pas le chant clair, car Ju excelle aussi dans ce style. Le titre « Dead Meat » exploite cette dualité, grâce à des mélodies vocales toujours aussi travaillées, pas forcément évidentes à cerner dès les premières écoutes. Manimal aime faire perdre ses repères aux auditeurs, cherchant constamment à trouver le break inattendu, le riff insoupçonné. La logique du chant death sur les rythmiques appuyées et du chant clair sur les passages dépouillés est sérieusement mise à mal sur ce disque, Manimal préférant utiliser tous les détours possibles pour justement bousculer l’auditeur. Le plus remarquable reste la cohérence de l’ensemble. Loin de s’apparenter à un collage de structures sans but, Manimal garde toujours en ligne de mire son esprit original, et brode sa musique sans jamais se trahir. Remarquable !