Osada Vida - Three Seats Behind a Triangle

11/02/2008

Par Jérémy Bernadou

Label: Metal Mind Productions

Site:

Alors que l’on trouvait des clones de Dream Theater à la pelle il n’y a pas si longtemps de cela, des groupes de metal progressif de plus en plus variés font leur apparition, au grand bonheur des passionnés. Osada Vida, une nouvelle formation originaire de Pologne, fait partie de ceux-là. Avant ce Three Seats Behind a Triangle, trois EP ont été réalisés, preuve d’une volonté de livrer le meilleur travail possible, et de se faire un nom dans le milieu difficile d’accès du genre.

Grâce aux nombreuses influences de chacun des membres, le groupe propose un rendu assez original, piochant des éléments musicaux dans divers styles. Ceci dit, l’efficacité d’une telle démarche demande souvent une solide expérience de la composition, pour ne pas tomber dans le collage de structures sans réelle logique. Osada Vida échappe en partie à cet écueil, grâce à un aspect mélodique très travaillé. Malgré tout, quelques passages semblent trop éloignés du style original du groupe, et ce manque de ligne directrice se ressent, comme sur la première partie de « Devotion », qui après une introduction acérée se poursuit de manière trop linéaire pour accrocher durablement l’auditeur. De même, sur « Tension Blossoms », l’aspect le plus heavy se rapproche trop des clichés du genre, mettant à mal la crédibilité de la formation. A cause d’une production manquant de professionnalisme, l’ensemble est loin des références actuelles, notamment de Riverside, pour ne pas quitter le rock progressif polonais. Il y a toutefois de bonnes idées dans l’instrumentation, comme l’apport du piano de Rafal Paluszek, qui permet de varier le jeu des claviers à côté de sonorités analogiques très orientées vers le néo-progressif des années quatre-vingt.

Ce concept-album dévoile une trame textuelle intéressante, évoquant tous ces hommes qui doivent mettre leurs rêves et leurs passions entre parenthèses pour rentrer dans la norme et vivre un quotidien sans grand intérêt. Grâce au découpage de l’album en trois parties, composées de titres pour la plupart assez longs, le concept a tout le temps d’être développé, et ce dernier est agréablement mis en rapport avec la musique, grâce à des changements d’ambiances fréquents. Malheureusement, le chant de Lukasz Lisiak (qui officie aussi à la basse) est loin d’être marquant, et apparaît souvent en retrait sous de nombreux effets dissimulant un manque certain d’assurance et d’expérience. A trop vouloir se démarquer, Osada Vida fait office de « touche-à-tout » manquant d’expérience. Espérons que ces défauts se dissiperont sur leurs prochaines sorties !