Manning - Songs from the Bilston House

27/12/2007

Par Jérôme Walczak

Label: Festival Music

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Guy Manning est un membre de Tangent qui, depuis 2002, s’essaie avec un réel succès à la carrière en solitaire. Son univers est épique, progressif au sens le plus traditionnel du terme, avec de longs morceaux, de puissants développements au clavier filant tout azimut, et des transitions si bien construites qu’au fil des écoutes, on repère, çà et là, un détail, un petit instrumental passé la première fois inaperçu. En résumé, Manning est un grand, digne héritier de Ian Anderson ou de Genesis, mais ayant admirablement digéré les années 90 et 2000. Ainsi, avant de vous précipiter sur le bijou qu’est Songs from the Bilston House, faites un détour par The Ragged Curtain (1999) ou The View From My Window (2002), qui sont des albums que tout progueux avide de sensations extrêmes (voix, flûtes, consonances celtiques, progressions, emballement, féérie…) se doivent d’avoir dans leur discographie.

Songs from the Bilston House est un excellent disque, fort bien produit, fondé sur un concept assez amusant : l’hôtel de Bilston où Manning passa un jour pendant sa tournée était habité par un macaque et dans son voisinage, une maison en ruine trônait, sombre et glaciale, avec en guise de bienvenue, le mot suivant : « N’entrez pas, la dernière personne qui s’y est essayée est morte ! » Des choses pareilles, ça n’arrive qu’aux artistes progressifs, rarement ancrés dans le réel, pour notre bonheur…

Ce disque vient couronner une belle année 2007, il apporte joie, chaleur humaine, rythme, danse, rêve. Manning, ç’aurait pu être Ian Anderson de Jethro Tull, parfois, les intonations de voix sont proches, la flûtes est aussi au rendez-vous, et un violon à l’irlandaise nous propulsant dans des ballades magiques dont on craint la fin, tellement elles procurent de bonheur (« Inner Moment »). Manning, c’est une générosité, c’est la fête, des titres rythmés et dansants, hypnotiques : l’incroyable et hallucinant « Understunny », près de 10 minutes de refrains qui s’accrochent dans nos neurones et dont on ne veut plus se séparer. Les influences sont anciennes, mais quelle réussite ! Amateurs de Genesis, de Tangent, de Jethro Tull, des Chieftains, vous n’avez pas le droit de passer à côté d’un des chefs d’œuvre de cette année. Un disque qui réconcilie avec la vie ! Prog goes on ! Merci Monsieur Manning !