Sun Caged - Artemisia

05/12/2007

Par Dan Tordjman

Label: Lion Music

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La vie n’est pas un long fleuve tranquillle pour Sun Caged qui, tel un pays ravagé par une catastrophe naturelle, a subi de sérieuses perturbations au cours de ces quatre dernières années. Et pour cause : de la formation initiale, Marcel Coenen reste le seul survivant. Dans l’ordre, Dennis Leeflang (batterie), André Vuurboom (chant), Joost van den Broek (claviers) et Rob van der Loo (basse) ont mis les voiles, remplacés respectivement par Roel van Helden, Paul Adrian Villareal, René Kroen et Roel Vink. Sun Caged se prendrait-il pour Napalm Death, dont la formation actuelle ne comprend plus un seul des membres originels ? Quoi qu’il en soit, les nouveaux arrivants sont à la hauteur des démissionnaires : le chant est clair et on ne peut plus juste, quant au jeu de Roel van Helden, il rappelle celui de Virgil Donati, parfaitement huilé et bien en place.

Qui dit nouveaux musiciens dit nouvelles perspectives, donc nouvelle approche. L’accent a été mis ici sur le coté tordu de certains titres, et dans cette catégorie, la palme revient à « Unborn » aux forts relents de Meshuggah et Nevermore, très chargé en double grosse caisse, et mis en valeur par une intervention guitaristique très bien sentie de Marcel Coenen, rejoint par René Kroen. Autre morceau bien barré, « Engelbert The Inchworm » (que l’on pourrait qualifier d’instrumental si les vingt dernières secondes n’étaient pas chargées en hurlements du maître Nick Hameury) évolue dans la plus pure lignée d’un Dream Theater et de ses dérivés.

On retient aussi un équilibre assez présent sur certains titres, comme « A Fair Trade », aux riffs de guitare et au refrain accrocheur. « Bloodline » est l’archétype du morceau qui monte lentement mais sûrement en puissance, un peu à la manière d’un « II=I » d’Anrdromeda. Dans le genre accalmie qui ne se refuse pas, « Unchanging » clôturait le premier album éponyme du groupe, et sur Artemisia « Afraid To Fly » propose une jolie guitare acoustique qui permettra de reprendre quelque peu son souffle.

Au rayon des agréables surprises, « Departing Words », gros titre metal au beau milieu duquel figure une petite touche latine inattendue, et « Doldrums », dont l’intro rappelle le « King Of Sunset Town » de Marillion, alors que certains chœurs lorgnent du coté de Pain of Salvation. Malgré un line up renouvelé à 80%, Sun Caged arrive une fois encore à affirmer son style, avec des titres à la fois variés et homogènes, et une production contrastant totalement avec le premier album du groupe. Un joli tour de force réussi par Marcel Coenen et sa clique.