Glass Hammer - Culture of Ascent

25/10/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Arion Records

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Glass Hammer ou le prog’symphonique bien comme il faut. Voilà une quinzaine d’années déjà que ces Américains peaufinent leur formule, sous l’impulsion du claviériste Fred Schendel et du guitariste Steve Babb, évoluant au rythme des ères géologiques. Avec ce bien mal nommé Culture of Ascent, Glass Hammer poursuit son orbite inexorablement circulaire, tout en ayant le bon goût cette fois-ci de ne pas proposer de double album.

Pour ce nouvel effort, plus propre et plus proche de Yes que jamais, il semblerait que Carl Groves (Salem Hill), ait définitivement endossé le rôle de chanteur officiel aux côtés de Susie Bogdanowicz, place qu’il occupait déjà sur le DVD Live at Belmont (2006) en remplacement de Walter Moore. C’est par un hommage à Yes, leur plus évidente influence, que s’ouvre Culture of Ascent. Ce « South Side of the Sky » présentera sans doute un intérêt pour certains, ne serait-ce que par la présence de Jon Anderson (doit-on s’en réjouir ou plutôt en rire ?), mais hormis la voix de Susie Bogdanowicz, peu de libertés sont prises avec l’original. Alors, hommage appuyé ou apologie de la cryogénisation ? S’il est parfois de bon ton de railler (à juste titre, ne le nions pas) le progressif classique et sa vision presque invariablement passéiste, le niveau de redondance atteint ici par Glass Hammer défie les limites de l’imagination. Ainsi, « Life By Light » est un autre bel exemple de cette dévotion pour Yes. Et là encore, Jon Anderson vient pousser une ligne de chant discrète, comme pour cautionner les choix artistiques du groupe.

Le reste de l’album est du même tonneau, avec quelques touches néo-progressives plus prononcées (« Into Thin Air », « Rest »). Fort heureusement, Glass Hammer cultive un certain dynamisme dans ses compositions, évitant ainsi à l’auditeur un endormissement immédiat. Sans avoir recours aux ficelles sonores désormais habituelles dans le prog’, comme l’usage d’un mur de guitares heavy, Glass Hammer emprunte tout de même des chemins moins éthérés qu’à l’accoutumée, qu’il s’agisse de soli de guitare énergiques ou de rythmiques plus lourdes (« Sun Song », « Ember Without Name »). La présence d’un trio à cordes rompt également la monotonie instrumentale qui aurait pu dominer sur Culture of Ascent. Néanmoins, l’album se cantonne strictement aux limites imposées par les canons du genre. Pour faire simple : on enrobe du vieux avec quelques vêtements neufs.

Culture of Ascent peut se résumer à une version modernisée mais sans surprise de Yes, de Genesis, agrémentée de quelques louches de Flower Kings, avec son lot de passages grandiloquents, de soli de guitares et de claviers, de chant empathique, de chœurs, de longs développements instrumentaux. Un régal pour des oreilles immobilistes, une aberration chronologique pour d’autres.