Onze H30 - Onze h30

12/10/2007

Par Jérémy Bernadou

Label: Prikosnovenie

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Le label Prikosnovénie a une réputation de dénicheur de talents, au regard de la qualité des groupes signés. Onze h30 est l’un de ces nouveaux venus, surgis de nulle part et qui cherchent à leur échelle à faire avancer les choses.

Originaire de Tours, le groupe s’est formé avec l’objectif de créer un vocabulaire unique, à cheval entre rock, electro et autres influences variées. Au cours de ce premier album, Onze h30 ouvre la porte à la découverte d’un univers musical fait de mélodies accrocheuses et de relents alternatifs. Plusieurs particularités différencient cependant la formation du reste de la nouvelle scène française. D’une part, le chant tenu par Clémence Bloch, qui permet d’ajouter une touche de féminité plaisante ; d’autre part, l’accordéon de Florent Sepchat, jouant un rôle moteur dans la musique du quintette. Ces touches d’originalité apportent la fraîcheur nécessaire pour accrocher l’auditeur et lui permettre de passer un moment agréable, sans prise de tête.
Les textes intégralement en français, n’évitent pas les stéréotypes qui prennent de plus en plus de place chez les groupes français. Le refrain de « Outrageante » peut facilement tenir lieu d’exemple : « Car je suis outrageante, non pas que très méchante… ». Bien que des efforts restent à faire au niveau de la pertinence et la profondeur des paroles, la musicalité du groupe est déjà bien en place, et les instrumentistes aux origines diverses parviennent à conjuguer leurs capacités au service d’une fusion maîtrisée, dont l’accordéon ne dénature pas l’ensemble grâce à la variété de ses interventions. Johan Guillon (Ezekiel) est invité à rejoindre la formation sur le titre « La Paillasse », et la fait profiter de ses bidouillages d’une belle manière. Sur certaines compositions comme « Mal aux rictus » ou « Chanteurs à textes », l’alchimie est très efficace, montrant que ces Français n’ont pas peur d’aller aux frontières de leur style.

Tous ces détails mis bout à bout, sans oublier une production solide et soignée, rassurent quant à la bonne facture de cet album. En revanche, les titres se révèlent inégaux, la seconde moitié du disque étant plus variée et passionnante que le début. On reste cependant très loin de l’ambition des artistes cités par le groupe comme référence, tels Radiohead, Erik Truffaz ou Mr. Bungle.

Avec ce premier essai, Onze h30 s’assure un avenir prometteur parmi les nouvelles formations qui ont la possibilité de percer à plus grande échelle et de faire parler d’elles. Même si les erreurs de jeunesse ne sont pas toutes évitées, le potentiel est bien présent. Il manque cependant encore un soupçon de maturité et d’expérience pour marquer les esprits d’une empreinte indélébile.