*Shels - Sea of the Dying Dhow

09/10/2007

Par Jérémy Bernadou

Label: Undergroove Records

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Depuis quelques années, il est aisé de constater le succès relatif du post-rock dans sa définition la plus large. Une certaine « mode » en somme, à la seule différence que cet engouement est justifié sur certains points. Il est en effet impossible de référencer tous les groupes sortis de nulle part qui nous ont offert des productions de grande qualité dans ce style. Avec son premier album, *Shels cherche à entrer dans ce panthéon d’artistes marquants.

Après un EP sorti en 2004, Wingsfortheirsmiles, la formation présente son véritable premier album avec ce Sea of the Dying Dhow. Les musiciens qui composent *Shels ne sont cependant pas d’illustres inconnus, car ils sont membres (ou ex-membres pour certains) de groupes similaires tels que Mahumodo, Eden Maine ou Fireapple Red. Le résultat de cette réunion s’apparente à un post-rock qui doit autant à la scène rock alternative américaine qu’au post-hardcore. Les compositions n’obéissent donc pas toutes au même schéma, le groupe étant assez libre dans sa démarche.

La palette sonore employée est relativement riche et bien répartie. Le long morceau d’ouverture, « The Conference of the Birds », représente concrètement cette inventivité : après une introduction planante faite de boucles d’accords à la guitare acoustique, l’ensemble prend de l’ampleur avec des guitares saturées, une rythmique appuyée et quelques rares chants hardcore. Lorsque le groupe ne joue pas sur les progressions, il préfère explorer son côté le plus accessible, enrichi par des vocaux léchés et autres mélodies accrocheuses, comme sur l’étonnamment dépouillé « Return to Gulu ».

*Shels est un des ces groupes qui a la carrure nécessaire pour surprendre son auditoire à chaque transition ou montée en régime. Or, ces variations à l’intérieur même des titres mettent beaucoup de temps à se développer, malgré un talent indéniable pour la superposition des espaces sonores. A cause de ces sections de titres développées trop lentement, l’album perd de son intensité sur la longueur. Bien que Sea of the Dying Dhow dure moins d’une heure, on peut percevoir certaines redondances dans leur discours musical. De plus, les compositions ne sont pas réparties de la meilleure façon, faisant suivre notamment deux pièces à dominante acoustique à la fin de l’album, au risque de lasser l’auditeur sur le long terme. Tous ces détails font baisser l’intérêt au fil des écoutes, ne garantissant en rien la durée de vie de l’œuvre.

Pour en revenir à la fréquence de sortie d’albums dans ce genre, il n’y a pas doute quant au fait que d’autres artistes proposeront dans un avenir proche des disques similaires sur le principe, mais plus solides dans la forme. En attendant, ce premier essai est agréable et original, tout en restant sincère et passionné. Les ingrédients essentiels sont donc là. Pourquoi s’en priver ?