Carptree - Insekt

07/09/2007

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: FOSFOR Creation

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Carptree, après trois albums, dont les très recommandables Superhero et Man Made Machine, revient cette année avec un nouvel enregistrement, Insekt. Cette fois-ci, le groupe a autoproduit son bébé, par l’entremise d’un label créé pour l’occasion, Fosfor Creation, en référence au nom du studio où a été enregistré l’album, et Inside Out n’est plus qu’un distributeur parmi d’autres. Est-ce un moyen pour le label allemand de réduire ses frais en cette période de crise de l’industrie du disque, tout en maintenant la distribution d’un produit qu’elle sait de qualité mais dont les ventes resteront confidentielles ? Nous naviguons là dans l’ordre du possible !

Enregistré en 2005 et 2006, sur la lancée de Man Made Machine, Insekt en constitue assez logiquement la suite. Par ailleurs, les compères Westholm et Flinck sont toujours accompagnés, tout au long de l’album, du même No Future Orchestra. Concernant la production, relevons qu’elle est une nouvelle fois de très haute qualité, classieuse, dense et néanmoins toujours propre et lisse (trop ?) – c’est une marque de fabrique du groupe, à l’instar d’autres groupes suédois tels les Flower Kings ou Isildur’s Bane.

La qualité des compositions est indéniable et le groupe présente de jolies petites perles pop-prog tout au long de l’album, telles « Taxonomic Days », « Mashed Potato Mountain Man », « Pressure » ou encore le très floydien « Stressless », à tel point qu’on se demande encore pourquoi Carptree ne connaît pas de succès au-delà des cercles très restreints du progressif !
Les guitares se font plus lourdes que sur les deux albums précédents, donnant à Insekt un aspect encore plus mélancolique, voire ténébreux, tandis que les arrangements sont à la fois très subtils et somptueux, tout comme l’est la voix toute en feeling de Nicklas Flinck.

Encore un album plus que recommandable sorti cette année – ils sont déjà nombreux et ce n’est pas fini ! Que lui manque-t-il pour acquérir un statut d’incontournable ? C’est sans doute l’efficacité : si Insekt avait duré dix minutes de moins, il n’y aurait rien eu à redire. Mais on peut y percevoir quelques parties plus faibles, habilement dissimulées ici et là, surtout sur la deuxième moitié de l’album. De plus, le pompeux et pompier « Evening Sadness », sorte de « néo prog » à la Genesis, n’a rien à faire sur cet album, tant il manque de personnalité.

Qu’à cela ne tienne, les amateurs de cette pop sombre à tendance progressive seront comblés. Avec Insekt, Carptree confirme tout le bien qu’on pense de lui depuis 2003 ! Une tournée pourra peut-être faire sortir le duo de l’anonymat, et l’on peut espérer que leur prestation à la prochaine Convention ProgRésiste leur ouvrira des portes !