Dominici - O3 A Trilogy - Part 2

12/05/2007

Par Julien Damotte

Label: InsideOut Music

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Que peut-on attendre de l’ancien chanteur de Dream Theater, en sachant qu’il n’a presque pas donné de ses nouvelles depuis une bonne quinzaine d’année ? Après une apparition plutôt réussie lors du concert anniversaire de When Dream And Day Unite en 2004 et un album solo acoustique autant intimiste que soporifique (le premier de la trilogie) en 2005, Charlie Dominici revient là où on ne l’attendait plus! Puissant, technique, mélodique mais surtout résolument metal, 03 A Trilogy Part 2 risque d’en surprendre plus d’un.

Pour la majorité des fans du théâtre des rêves, le nom de Charlie Dominici appartient au passé, celui des débuts du groupe, et évoque de vagues souvenirs d’un chanteur quelque peu dépassé techniquement et qui était en grande partie responsable du côté « vieillot » et résolument « eighties » du groupe. Rassurons d’ores et déjà les soucieux et aiguisons l’intérêt des plus réticents : la voix de Dominici n’a rien à voir avec celle de 1989. Le chant est varié, nuancé et, s’il n’a rien de révolutionnaire, est dans l’ensemble plus agréable à écouter. Mais le vrai changement et donc la vraie surprise résident essentiellement dans l’énergie déployée par les cinq protagonistes au fil de l’album. En effet, après un instrumental introductif de huit minutes un tantinet pompeux, Charlie et ses sbires annoncent la couleur. Les riffs acérés à renfort de guitares sept cordes et de doubles grosses caisses offrent bien plus qu’un simple tapis musical à la voix du quinquagénaire.

Comme pour rajeunir volontairement son image de marque, Charlie Dominici s’est uniquement entouré de jeunes musiciens « qui en veulent ». Les frères Brian et Yan Maillard, Riccardo Atzeni et Americo Rigoldi , respectivement guitariste, batteur, bassiste et claviériste du groupe italo-suisse Solid Vision et tous ouvertement fans de Dream Theater, pourraient être ses fils. Ils viennent apporter la jeunesse et la virtuosité insolente qu’il fallait au chanteur oublié pour refaire surface, tel un véritable lifting salvateur. Leur technique sans faille est mise au service de la musique, et chaque morceau passe comme une lettre à la poste. Si l’on excepte la ballade édulcorée « Captured » et le très dispensable « The Real Life », le rythme ne retombe pas une seconde.

Reste une question sur toutes les lèvres : Dominici essaye-t-il de (re)faire du Dream Theater ? Réponse : non ! S’il est quasi-inévitable de sentir une influence DT même minime chez un groupe de metal progressif, 03 A Trilogy Part 2 évite l’écueil de la pâle copie nostalgique. Néanmoins, signalons que les plus pointilleux d’entre nous noterons quelques accents DT ça et là. « Greed The Evil Seed » fait en effet penser au fameux « Change Of Seasons » et le riff principal de «The Calling» ressemble étrangement à celui de « Honor Thy Father ». Certaines parties de claviers, surtout quand il s’agit de piano, font penser à celles de Rudess, tandis que le jeu de guitare de Brian Maillard, très axé « jeu au médiator » évoque à plusieurs reprises celui du Petrucci moins inspiré des derniers albums. Quant au très bon « Nowhere To Hide », morceau-clef de l’album, il emprunte plus au metal progressif mélodique d’un Vanden Plas ou encore d’un Shadow Gallery. Riche en influences et agrémenté d’un soupçon de fougue à l’italienne, 03 A Trilogy Part 2 demeure un bon album de metal progressif moderne, qui à défaut de révolutionner le genre, sera sûrement à compter parmi les bonnes surprises de cette année 2007.