Glass Hammer - Live In Belmont (DVD)

03/11/2006

Par Jean-Philippe Haas

Label: Arion Records

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Deuxième DVD en deux ans pour l’un des leaders du progressif symphonique américain. Alors que Lex Live constituait le témoignage vivant de l’excellent Lex Rex, Live In Belmont illustre quant à lui les moments forts du dernier et double album en date de Glass Hammer, The Inconsolable Secret (cf. nos chroniques). Le concert, capturé en novembre 2005, pioche également dans Lex Rex et Shadowlands.

Une présentation très heroïc fantasy accueille le spectateur, en adéquation avec les thèmes fétiches du groupe et une musique souvent grandiloquente, très axée sur les claviers luxuriants de Fred Schendel. Enregistré à l’Université de Belmont (à Nashville dans le Massachusetts), ce concert dispose d’une bande-son en 5.1 Surround et de prises de vues variées – 8 caméras tout de même ! – de qualités variables selon l’éclairage ou le grain de l’image. En effet, si le concert est visuellement réussi dans l’ensemble, il n’est pas exempt de quelques fausses notes, notamment sur des zooms hasardeux effectués depuis le fond de la salle. En outre, la scène n’a pas spécialement été aménagée et mise aux couleurs de Glass Hammer si ce n’est un arrière-plan bleu.

Côté musique, c’est une véritable foule d’invités qui vient prêter main forte au groupe pour cette occasion particulière. A la guitare, un jeunot français du nom de David Walliman remplace au pied levé le chanteur/guitariste Walter Moore. Au chant, on retrouve le vocaliste de Salem Hill, Carl Groves, qui assure brillamment l’interprétation de textes avec lesquels il n’est pourtant pas familier, les coups d’oeils qu’il jette parfois à son prompteur ne gênant pas la fluidité du show. Il est accompagné par moments d’un trio féminin composé de Flo Paris, Susie Bogdanowicz et Bethany Warren. Mais Glass Hammer, à l’image de sa musique, a vu les choses en grand : outre The Adonia String Trio, ce ne sont pas moins de 150 choristes qui accompagnent le groupe sur scène ! Si les interventions du trio à cordes sont judicieusement placées, l’utilité d’un choeur aussi pléthorique est des plus discutable puisqu’il n’intervient que sur « When We Were Young » et « Having Caught A Glimpse », et de manière sporadique de surcroît. Il s’agit donc davantage de donner du « cachet » à des morceaux qui auraient pu se contenter des samples que d’un élément essentiel du concert. Un peu de mégalomanie ou une façon de remercier l’Université de Belmont en faisant participer son chœur ? Peu importe, en vérité : ça en « jette » !

Parmi les moments forts de la prestation, on retiendra « Run Lisette », le très intimiste « Through The Glass Darkly » qui met en lumière les talents de vocaliste de Susie Bogdanowicz, le monumental « Knight Of The North » et « Having Caught A Glimpse » sur lequel tout ce beau monde se retrouve en même temps sur scène pour donner à ce morceau une dimension réellement majestueuse.

Même si certains bonus ne sont pas d’un intérêt majeur (notamment les répétitions et les coulisses du concert, très largement soporifiques), ce Live In Belmont en presque tous points maîtrisé, constitue une réussite autant artistique que technique. Pour le novice, voilà une bien belle façon de découvrir le groupe de manière ludique. Pour le fan il s’agit bien sûr d’un objet totalement indispensable.