IZZ - My River Flows

13/01/2006

Par Djul

Label: Doone Records

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Plus de trois ans se sont écoulés depuis que les Américains de IZZ se sont révélés au « grand » public progressif avec I Move, en 2002. Disque aux couleurs variées et aux mélodies aussi excellentes que la production était médiocre (quelle affreuse batterie !), I Move avait offert aux amateurs du genre une sorte de « seconde voie » après Spock’s Beard. IZZ ressemble en effet à plus d’un titre aux anciens compères de Neal Morse : musique accessible mais complexe instrumentalement, faisant la part belle aux refrains et aux choeurs, et tendance aux compositions épiques.

Entre 2002 et 2005, le groupe avait offert un splendide interlude : Ampersand – Volume 1 (2004). Bien que constitué de chutes de studio et de passages live, le disque proposait des morceaux bien mieux produits, sur lesquels les chants féminins prenaient de plus en plus d’ampleur. Ce disque a, on le sait aujourd’hui, ouvert la voie à My River Flows: intégration de deux chanteuses à plein temps dans le groupe (Annmarie Byrnes et Laura Meade), son et mixage enfin décents. C’est également un disque sur lequel les extrêmes sont plus marqués, à l’image du morceau-titre introductif,où l’on retrouve les guitares âpres et quasi crimsonniennes de I Move, qui distinguent IZZ des autres groupes de progressif américain à la Spock’s Beard. Mais cette entrée en matière constitue le passage le plus « agressif » du disque, et la suite est bien plus tempérée. Dès le tortueux « Last Night Salvation », un grand moment du disque, on retrouve les voix très mélodiques des frères Galgano et, instrumentalement, cet amour pour Yes, avec des passages palpitants à la « Heart of Sunrise » ! Greg DiMiceli à la batterie est également très en vue sur ce titre : il enchaîne les démonstrations et même… un solo, àla fin des dix minutes épiques de ce morceau !

C’est d’ailleurs une autre constante chez IZZ : cet art consommé de ne pas suivre un schéma préétabli. Il est en réalité difficile de bien suivre le groupe, et si le niveau de chaque membre permet de maintenir une fluidité d’ensemble, on peut trouver à certains passages ou enchaînements un manque de cohérence, « Deception » étant un bon exemple de ce constat. En dehors de Yes, un autre groupe tient une place à part dans le cœur des frères Galgano : les Beatles, bien sûr. Le coeur du disque semble ainsi leur être dédié, avec « Cross Fire » et « Anything I Can Dream », morceaux calmes et pleins d’harmonies vocales typiques des œuvres des garçons dans le vent : un goût pour les mélodies simples et immédiates qui régalera les amateurs du genre. On revient au « progressif pur jus » avec le dernier titre, « Deafeaning Silence » dont les six parties s’égrènent tout au long de vingt et une minutes de bonheur : chant féminin bien placé, émotion à fleur de peau et pas une once de remplissage, voilà comment passer une quasi demi-heure intelligemment !

Au final, à part une pochette affreuse, il n’y a pas grand chose à reprocher à My River Flows, troisième album studio d’un groupe en constante progression, et qui n’a certainement pas fini de nous étonner. Alors que Spock’s Beard s’éloigne de ses premières amours, IZZ se révèle être la meilleure alternative pour des amateurs en manque de progressif mélodique et « accessible ».