Asia - Aqua (rééd.)

01/08/2005

Par Justin Poolers

Label: InsideOut Music

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Asia est le spécimen le plus connu de ces groupes des années quatre-vingt formés d’ex-gloires du prog des seventies, car l’un des seuls à avoir rencontré un succès populaire. Leur premier tube, « Heat Of The Moment », passe même en boucle sur les stations françaises en 1982. Composé à l’origine de Geoff Downes (Buggles, Yes), Steve Howe (Yes), John Wetton (King Crimson, UK) et de Carl Palmer (ELP), seul Downes mène toujours la barque contre vents et marées. Loin de proposer une musique progressive, leurs albums de l’époque collent plutôt à l’actualité en distillant un rock FM et commercial, cependant assez sophistiqué.

Aqua, datant de 1992, est leur quatrième album studio. John Wetton et Steve Howe sont déjà partis – Howe intervient quand même à la guitare acoustique – remplacés respectivement par John Payne et Al Pitrelli. Que dire de la musique d’Asia ? Si le groupe n’avait pas été constitué de cette pléiade de pointures, il est pratiquement certain qu’aucun fan de rock progressif ne s’y serait intéressé.
Les deux premiers albums pouvaient bien compter au moins un ou deux morceaux plus ambitieux parmi les titres directs et la plupart du temps assez réussis, mais quid de leurs successeurs, et notament de cet Aqua? Pas grand chose. Une suite de chansons mielleuses, presque indigentes, voire indigestes, très midinettes finalement. Certes : la production est minutieuse, l’emballage est chatoyant ! Mais les idées ? L’originalité ? L’ambition ? L’aventure ? Rien, absolument rien à se mettre sous la dent dans cet album, si l’on recherche un tant soit peu d’inventivité dans la musique qu’on écoute. Un ou deux titres efficaces émergent bien, tels ce « Back In Town » énergique malgré son côté convenu, mais qu’on ne mentionnera que s’il faut justifier a postériori l’acquisition de cet album. Enfin, il reste peut-être le plaisir d’écouter de bons musiciens renommés.

Pourquoi un label aussi sérieux qu’ Inside Out se lance-t-il dans la réédition de ce genre d’albums ? On connaît certes la réponse, mais à trop élargir l’offre, leur identité peut se diluer. Ou peut-être existe-t-il encore des hordes de fans de cette musique suffisante et datée ?