Akacia - The Brass Serpent

31/07/2005

Par Jean-Philippe Haas

Label: Musea

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La scène progressive chrétienne se porte plutôt bien, en témoignent les deux récentes compilations intitulées Christian Progressive Rock sur lesquelles figurent du bien beau monde : Neal Morse, Proto-Kaw, Glass Hammer ainsi qu’une pléthore d’artistes moins connus et prometteurs comme les américains d’Akacia. Le groupe n’en est pas à son coup d’essai : deux ans après An Other Life majoritairement salué par la critique spécialisée, il revient prêcher la bonne parole avec The Brass Serpent et ses emprunts bibliques évidents.

Si la biographie annonce fièrement des références telles que Yes, Genesis ou King Crimson, on reste musicalement bien plus proche des premiers que des Frippés. Au rang des influences en cours de digestion : Spock’s Beard et The Flower Kings ; mais dans l’ensemble, l’album est confortablement installé dans la première moitié des années soixante-dix.

« Postmodernity » donne le ton : guitare à la Howe, basse Rickenbaker, Hammond et Mellotron, passage mélancolique emprunté au vieux Genesis, presque tout y est si ce n’est une voix plutôt quelconque qui n’a peut-être pas l’emphase que requiert ce style. N’est pas Jon Anderson ou Peter Gabriel qui veut ! Les autres morceaux « courts » sont du même tonneau et naviguent en eaux connues sans jamais s’éloigner du rivage, hormis quelques digressions pianistiques ou parties de guitares plus énervées qu’à l’accoutumée. En vérité nous vous le disons, c’est le titre éponyme (plus de trente-six minutes) qui sort largement du lot. Comme il se doit, il propose des passages très différents au gré des états d’âme d’un dénommé Z, exilé d’Egypte au temps de Moïse.
Si l’ensemble relève d’une grande cohérence dans le sujet abordé, on ne peut pas toujours en dire autant des nombreuses séquences musicales qui s’enchaînent tantôt de façon très fluide, tantôt d’une manière plus artificielle tel un collage de thèmes sans grands liens apparents les uns avec les autres. Néanmoins, l’ensemble fait preuve d’une interprétation très honorable malgré une production qui manque parfois un peu de finesse.

Malheureusement – la chose était prévisible – le souffle épique et la magie que dégageaient les compositions de leurs aînés sont absents des titres d’Akacia malgré l’abondance des thèmes et l’évidente maîtrise instrumentale des musiciens. Dépourvu de la prise de risque qui devrait caractériser toute oeuvre progressive, cet album ne dépasse alors pas le rang de simple clone des standards de « l’âge d’or » et ne devrait pour cette raison pas sortir le groupe du relatif anonymat dans lequel il se trouve encore.